CHALLENGE ABC 2007

Ce challenge consiste, pour les participant(e)s, à lire en 2007 une série de livres non encore lus, voire d'auteurs à découvrir, dont les noms commencent chacun par une des 26 lettres de l'alphabet.

11 décembre 2006

La liste de Liza lou

A mon tour de poster ma liste pour le challenge ABC 2007:

A AUDE (L’enfant migrateur)
B Simone de BEAUVOIR (Mémoires d’une jeune fille rangée)
C Tracy CHEVALIER (La jeune fille à la perle)
D Fatou DIOME (Le ventre de l’atlantique)

E Anna ENQUIST (Le chef d’oeuvre)
F Thimothy FINDLEY (La fille de l’homme au piano)

G David GOODIS (Sans espoir de retour)
H Jim HARRISON (Dalva)
I Yasushi INOUE (Le fusil de chasse)
J James JOYCE (Gens de Dublin)
K Jack KEROUAC (Sur la route)
L Dany LAFERRIERE (Le charme des après-midi sans fin)
M Haruki MURAKIMI (Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil)
N V.S NAIPAUL (Comment je suis devenu écrivain)
O Joyce Carol OATES (Nous étions les Mulvaney)
P Anne PERRY (L'étrangleur de Cater Street)
Q Michel QUINT (Effroyables jardins)
R Gabrielle ROY (La petite poule d’eau)
S Shan SA (La joueuse de go)
T Goran TUNSTRÖM (L’oratorio de Noël)

U John UPDIKE (Dans la splendeur des lis)
V Ödon VON HORVATH (Jeunesse sans Dieu)
W Charles WILLIAMS (Fantasia chez les Ploucs)
X XINRAN (Funérailles célestes)
Y Eiji YOSHIKAWA (La pierre et le sabre)
Z Lajos ZILAHY (Les Dukay)

Vivement 2007; j'ai hâte de m'y mettre!

Posté par liza_lou à 22:23 - Commentaires [43] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Dalva

Bonsoir. J'ai lu Dalva de Jim HARRISON et j'ai vraiment adoré. un très bon souvenir. Donc bonne lecture pour 2007.

Posté par Beloved, 14 décembre 2006 à 19:10

La joueuse

La joueuse de go, j'ai adoré, c'est d'ailleurs un coup de coeur sur mon blog.

Vraiment un très beau livre !

Posté par anjelica, 10 janvier 2007 à 09:04

E : Enquist, "Le chef d'oeuvre"

Qu'il est difficile de critiquer un livre que l'on n'a pas aimé! J'avoue être bien ennuyée en ce qui concerne mon appréciation du "chef d'oeuvre" d'Anna Enquist, roman, qui m'a (et c'est rare!) laissée totalement de marbre...

Je ne dénigrerai pas ici le style ni le talent manifeste d'Anna Enquist. "Le chef d'oeuvre" est très bien écrit; je me ralie au fait que l'auteur réussit parfaitement bien à faire passer les émotions. J'ai ainsi eu les larmes aux yeux à plusieurs reprises dans la deuxième partie qui est émouvante du début à la fin mais qui m'a aussi totalement déprimée!

Non, ce qui m'a génée si l'on peut dire avec ce récit, c'est que je ne me suis retrouvée dans aucun des personnages décrits ici. Ni Johan, ni son frère ainé Oscar et encore moins Alma, mère "indigne" en une sorte ne m'ont intéressée. Tout au plus ai je eu de la compassion pour Ellen, avec le deuil qu'elle subit et la lente désintégration de son couple avec Johan.

Je me suis forcée - je tiens à le dire - à finir ce roman. Peut-être suis je totalement passée à coté de quelque chose, je ne sais pas. Mais en tous cas, ce qui est sur, c'est que ce roman n'est pas pour moi.

Posté par Liza_Lou, 14 janvier 2007 à 20:37

R : Roy, "La petite poule d'eau"

Imaginez une île lointaine au Nord du Manitoba, une de celle qu’au premier abord on ne remarque pas, et qui, pourtant, recèle bien des surprises… Là-bas vit Luzina Tousignant, son mari Hippolyte et une ribambelle d’enfants. Là-bas, la vie s’écoule lentement, au gré des saisons rythmées par l’arrivée puis le départ successif des poules d’eau qui ont donné leur nom à cette île…

Quel roman étrange ! On se croirait baigné dans une sorte d’intemporalité, entre réel et imaginaire. Une utopie "La petite poule d’eau" ? Un monde inaccessible, disparu ? Les Tousignant vivent à l’écart du monde et de ses bruits, ne se rapprochant de l’humanité qu’une seule fois par an avec le voyage qu’entreprend Luzina vaille que vaille pour rejoindre la grande ville la plus proche et en rapporter ce bien si précieux et si attendu de tous.

L’arrivée des maîtresses d’école bouleverse cette existence paisible. Les enfants découvrent le savoir, l’envie d’apprendre ; certains décident de quitter leur île. Si la nostalgie est alors palpable, Gabrielle Roy réussit à ne pas céder au larmoiement mais au contraire réanime l’espoir, symbolisé par le personnage de Claire-Armelle, cette « surprise » pour les époux Tousignant.

Le sourire est de retour dans les pages suivantes avec le capucin de toutes aides, obligé à son corps défendant d’aider une femme en couche ou des métis exploités par Bessette qui achète pour une bouchée de pain leurs fourrures. On retrouve ensuite les Tousignant et leur île où ils sont amenés à confesser leurs péchés, avant de les quitter définitivement au terme de ces 250 pages.

Ode à la nature et à la vie « vraie », "La petite poule d’eau" ? Sûrement même s’il ne faut pas se contenter de voir avec ce récit un deuxième « Petite maison dans la prairie ». D’une simplicité et d’une douceur touchante, "La petite poule d’eau" ne pourra qu’émouvoir ceux qui aiment les histoires simples et sans mièvrerie. Si je déplore quelques longueurs dans ce livre, j’ai pourtant beaucoup apprécié ma lecture de "La petite poule d’eau" qui m’a apporté un condensé de poésie et de tendresse, ô combien rares de nos jours.

Posté par Liza_Lou, 22 janvier 2007 à 22:20

A : Aude, "L'enfant migrateur"

Il y a des romans que l'on trouve très bons, voire excellents et que parfois, l'on n'hésite pas à qualifier de chef d'oeuvre. Et il y en a d'autres qui ont un je ne sais quoi de particulier, d'inclassable, qui fait qu'ils restent toujours quelque part dans notre esprit, comme ces airs de musique qui vous trottent encore longtemps après dans la tête.

"L'enfant migrateur" d'Aude fait partie de ces écrits qui vous chamboulent l'âme. Pourtant, ce récit n'est pas très connu en France et Aude est un auteur totalement méconnu dans les rayons des librairies de l'hexagone. Il y a encore quelques mois, je n'en avais jamais entendu parler.

Quel roman pourtant! Aude réussit ici à raconter une histoire toute simple avec une sobriété et une douceur rares. On ne peut ressortir que bouleversé après avoir lu un tel récit mélant à la fois le thème de l'amour, de la gémellité et la peur irrémédiable de la solitude.

J'ai été fascinée par cette histoire émouvante et si belle. L'écriture est poignante et en même temps d'une force et qu'une puissance d'évocation inouïes. Chacun d'entre nous se retrouve dans la peur et la révolte d'Hans mais aussi dans la personnalité du Petit. Les thèmes abordés ici sont universels et vous poussent à réfléchir au sens que l'on peut donner à l'existence.

"L'enfant migrateur" n'est pas seulement une magnifique découverte en soi ; c'est une révélation. Un de ces romans que l'on garde précieusement en soi longtemps après l'avoir lu, comme un trésor inestimable que l'on chercherait à conserver toute sa vie.

Posté par Liza_Lou, 04 mars 2007 à 13:40

B: De BEAUVOIR, "Mémoires d'une jeune fille rangée"

"Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail."

Les mémoires de Simone de Beauvoir, de sa petite enfance à sa rencontre avec Sartre sur les bancs de la Sorbonne. On suit une jeune fille partagée entre une éducation très stricte, à l'influence catholique et ses envies sourdes d'indépendance et de liberté.

Dans ce premier tome de ses mémoires, Simone nous raconte ses jeux, ses lectures, ses premières réflexions sur la mort, la foi (qu'elle perd à quatorze ans), l'amitié (qui se symbolise par sa rencontre avec Zaza), l'amour, et surtout la peur de la solitude qui devient rapidement sa pire crainte.

« Naguère, je me tenais au centre exact d'un vivant tableau dont Dieu avait trahi les couleurs et les lumières... Soudain tout se taisait. Quel silence ! Seule, pour la première fois, je pressentais le sens de ce mot terrible. Seule ! Sans témoin, sans interlocuteur, sans recours. Mon souffle dans ma poitrine, mon sang dans mes veines, et ce remue-ménage dans ma tête, cela n'existait pour personne ».

Beaucoup d’admiration pour cette femme qui n’a pas hésité à vivre sa vie, à aller au bout de ses désirs et de ses convictions. Le lecteur ne peut que se sentir concerné par les réflexions développées ici et qui sont intemporelles. Il ne faut pas avoir peur de lire De Beauvoir ; l’écriture reste ici simple et accessible à tous. On est loin des textes philosophiques incompréhensibles que je gardais en mémoire !

Si certains passages accusent quelques longueurs, "Mémoires d’une jeune fille rangée" reste un bon moyen d’aborder l’œuvre de cette femme de lettres qui a, faut-il le rappeler ?, révolutionner la littérature contemporaine et surtout était un des moteurs de la condition féminine de la seconde moitié du XXème siècle.

Posté par Liza_Lou, 31 mars 2007 à 21:02

Je suis d'accord avec toi et j'ai adoré bon nombre de ses livres, c'est une grande dame!

Posté par Aurore, 01 avril 2007 à 16:00

O: Oates, "Nous étions les Mulvaney"

C'était un petit coin de paradis là où vivait les Mulvaney. Eux mêmes représentaient la famille idéale, harmonieuse, où tout est rose et idyllique. Il y a le père, entrepreneur estimé et aimé de tous, la mère énergique et croyante, leurs enfants dont Marianne, souriante et belle.

Et lorsque le drame un jour arrive dans ce clan, du rève l'histoire tourne au cauchemar. La famille alors se désintègre irrémédiablement et alors, oui, vraiment, les Mulvaney disparaissent.

Un roman très fort, prenant avec ses 737 pages époustouflantes. Il ne faut pas passer à coté d'un auteur comme Oates, il ne faut pas passer à coté d'un tel roman qu'est Nous étions les Mulvaney.

L'écriture est très belle; il y a un petit quelque chose qui fait que par la suite, l'histoire et les protagonistes vous trottent encore et encore dans la tête.

Décrire encore ce roman? Je n'y arriverai pas. Il faut le lire, c'est tout.

Je n'oublierai jamais ce roman.

Posté par Liza_Lou, 27 avril 2007 à 21:08

M: Murakami, "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil"

En commençant à lire "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil", je me rendis compte que je n'avais jamais lu de romans japonais. Aussi ce fut avec un sentiment empris de curiosité et d'appréhension que je lus ce récit de Haruki Murakimi dont j'avais entendu chanter les louanges à droite et à gauche.

Ai je été déçue de ma lecture? Non, heureusement, et au contraire "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" ne ressemble peut-être à aucun autre roman que j'ai pu lire. Peut-être est ce parce que je lis rarement (voire jamais) de littérature contemporaine que cette histoire m'a autant charmée. Voire par moments bouleversée.

J'avoue que le début du récit - en gros jusqu'à l'arrivée ou plutôt l'apparition comme dans un rêve de Shimamoto-San dans l'existence du narrateur - me laissa de marbre voire m'indifféra par moments. Je ne voyais à ce moment là vraiment pas ce qui pouvait rendre si particulier ce roman. Mais par la suite, je dois reconnaître que Murakami, avec ses descriptions des doutes et questionnements qui assaillent Hajime sur sa vie a beaucoup de talent et de maitrise.

Cette réflexion va surement paraître simplette voire incongrue mais pour moi, "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" est un roman très "asiatique", c'est à dire par moments froid, tout en retenue et pudeur. On peut s'en énerver ou au contraire s'en émerveiller. Le récit est très esthétique, tout en symboles et réflexions sur l'âme humaine et ses tourments. Le genre de récits qui malgré tout fascine tout en mettant aussi par instant le lecteur mal à l'aise.

Les dernières pages du récit sont tout simplement magnifiques et rattrapent à elles seules la (légère) déception que j'ai pu ressentir au départ. Quel est le sens que chaque homme souhaite donner à sa vie? Murakami tente de donner une réponse ou plutôt de faire réflechir ses lecteurs avec cette histoire à la fois douce et tragique, émouvante et belle.

Posté par Liza_lou, 06 mai 2007 à 10:48

C'est un roman que j'avais moi aussi beaucoup apprécié. Je crois que la littérature japonaise mérite vraiment qu'on s'intéresse à elle!

Posté par kalistina, 06 mai 2007 à 15:57

K: Kérouac, "Sur la route"

Peut on parler de "Sur la route" comme de n'importe quel autre roman? Non, car "Sur la route" est un roman à part, difficile à appréhender et à critiquer après coup.

C'est un roman étrange, presque fascinant dans sa forme et son contenu. Considéré aujourd'hui comme un des romans phare de la littérature américaine du XXème siècle, ce roman que Kérouac écrivit à l'origine d'une traite en trois semaines sur un rouleau de papier de trente six mètres de long, fut refusé par tous les éditeurs jusqu'en 1957. Il faudra que Kérouac le remanie à de multiples reprises pour qu'il soit enfin publié. Et obtienne un succès extraordinaire.

Si Fitzgerald était l'un des précurseurs de la "génération perdue" de l'après première guerre mondiale, Kérouac, lui, institua la "beat generation". Ce terme englobe ces Américains qui rejettaient en bloc les bourgeois, les personnes "rigides" qui refusaient de profiter de la vie, la société organisée et corronpue et les valeurs traditionnelles. Au contraire, eux pronaient de vivre la vie simplement mais à fond, en sa totalité, se révoltant contre l'uniformité et la matérialité.

Les personnages de "Sur la route", Sal Paradise - le narrateur - et Dean Moriarty sont représentatifs de ce mode de vie et de pensée. L'histoire dans "Sur la route"? Il n'y en a pas ou du moins, les protagonistes, lors de leurs pérégrinations d'Est en Ouest, d'Ouest en Est mais aussi du Nord au Sud et jusqu'au Mexique n'ont en réalité aucun but. La destinée est d'être sur la route. La route est la destinée de Sal et de Dean. Kérouac chante et idéalise l'Ouest américain avec sa nature, ses espaces, sa liberté. Sal et Dean se moquent et dénoncent les touristes et autres riches qu'ils croisent sur leur route mais s'émeuvent devant les clochards ou les vagabonds qu'ils croisent ainsi que devant les Noirs ou les Mexicains. Ces êtres, qui, comme eux, vivent par et sur la route.

Evidemment, sur la route, il y a les filles, l'alcool, la drogue. Il y a aussi la musique, avec ce jazz extraordinaire, cette ambiance, cette frénésie qui prend les êtres et les foules, toute la nuit, sans fin. Que ce soit en stop, à pied, en train, en voiture ou en car, le voyage sur la route se fait d'une manière ou d'une autre. Le plus important dans "Sur la route" n'est pas la destination - San Fransisco ou New York- à atteindre mais les villes, les personnages, les amis que nos héros rencontrent au cours de leur voyage. Errant sans argent, crevant de faim, subissant la méfiance de tous, Sal et Dean sont à la recherche l'un de son père, l'autre de la fille idéale.

Kérouac s'était représenté dans "Sur la route" avec le personnage de Sal. Les autres personnages que le lecteur croise reprennent les amis de Kérouac, eux aussi adeptes de la "beat generation" comme Allen Ginsberg ou William Burroughs. Dean Moriarty, lui, symbolise Neal Cassady que Kérouac avait rencontré et qui l'avait envouté.

Difficile de sortir de "Sur la route" une fois le livre refermé. Si aujourd'hui plus de cinquante ans ont passé depuis sa sortie, "Sur la route" a conservé son aura et sa force et caractère. Un roman certes emblématique d'une génération mais aussi et surtout d'un certain idéal et de vie et de pensée de nos jours disparu ou du moins longtemps décrié.

Posté par Liza_Lou, 13 mai 2007 à 20:32

La beat generation !

J'en demandais jsutement il y a quelque temps à une de mes amies forumeuses, la définition.
Ce livre fera sûrement partie de ma prochaine liste, me permettant ainsi d'appréhender un peu mieux le phénomène !

Posté par Meria, 14 mai 2007 à 09:04

F : Findley, "La fille de l'homme au piano"

Un homme, Charlie Kilworth se souvient de ses origines et des personnages familiaux qui ont marqué sa personnalité. Parmi ceux-ci, ressort sa grand-mère tombée follement amoureuse de l'Homme au piano dont elle aura une fille, Lily, mère du narrateur et sujette à de graves crises d'épilepsie. A la recherche de ses origines, Charlie s'interroge et interroge le passé de ces ancètres, fait à la fois de secrets de famille, de folie et de trames romanesques.

"La fille de l'homme au piano" a, selon moi, tous les ingrédients pour en faire un récit romanesque et dramatique. Des protagonistes mystérieux et avec chacun son propre caractère, des rebondissements jalonnant la vie de la famille Kilworth, des découvertes en tout genre au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire... Le tout accompagné d'une écriture poétique et mystérieuse en diable.

Pourquoi alors, serais je moins enthousiaste que tous ceux, qui, avant moi, ont lu et critique ce livre? Peut-être parce qu'à force justement d'avoir engrangé des critiques plus élogieuses les unes que les autres au sujet de ce roman ai je été déçue. Peut-être l'avais je trop idéalisé et que, par conséquent, je m'attendais à autre chose, voire à mieux par moment.

J'ai eu aussi le malheur d'avoir le réflexe d'avoir comparé ce roman à "Un parfum de cèdre" de Ann-Marie MacDonald que j'avais adoré il y a de cela deux ans. Beaucoup de similitudes en effet entre ces deux romans avec ces thèmes que sont la folie ou encore l'histoire d'une famille canadienne atypique tout au long du XXème siècle.

Je ne dirai donc pas que "La fille de l'homme au piano" est un roman nul; loin de là! J'ai bien aimé le lire même si certains passages m'ont semblé ennuyeux. Je dirai simplement que j'en avais trop attendu et que par conséquent, je ne pouvais qu'en être légèrement déçue.

Posté par Liza_Lou, 17 juin 2007 à 18:26

S : Shan Sa, "La joueuse de go"

Dans la Mandchourie des années 30, une jeune chinoise s'adonne aux plaisirs du jeu de go tous les jours place des Mille Vents. Devant elle défilent des inconnus venus tenter leur chance face à elle, alors que dans la ville éclatent les révoltes face aux occupants japonais. Un jour, arrive alors un nouvel adversaire, un soldat japonais venu pour espionner sur ordre de son capitaine. Entre eux va alors commencer une partie redoutable de go, silencieuse mais aussi tout en sous entendus...

Un roman absolument magnifique et que j'ai lu de bout en bout avec énormément de plaisir. L'histoire est très belle et l'écriture de Shan Sa très simple et en même temps, d'une douceur sans égal. L'auteur nous décrit avec précision les tourments que subit la Chine à cette époque, avec la guerre sino-japonaise, les exactions des deux camps face à l'ennemi, la torture, les horreurs du conflit... Mais Shan Sa réussit aussi à décrire avec beauté les sentiments d'une jeune fille de seize ans découvrant l'amour, la vie, avec ses joies et peines, les trahisons et les premières désillusions.

Une histoire décrite tout en finesse. L'auteur alterne tour à tour le point de vue des deux héros avec des chapitres courts. Un roman très intéressant sur cette période méconnue de l'histoire chinoise. Avec une histoire d'amour superbe et une fin inoubliable.

Posté par Liza_Lou, 17 juin 2007 à 18:28

Q: Quint, "Effroyables jardins"

Un roman extrèmement court (à peine plus de soixante pages) mais relatant avec beaucoup d'émotion et de pudeur un épisode de la Résistance française pendant la seconde guerre mondiale. Le narrateur, honteux de son père, un instituteur aimant se déguiser en clown, va comprendre grâce au récit et souvenirs d'un membre de sa famille les raisons de ce comportement singulier. Et regarder avec des yeux neufs ces deux hommes, qui, faits otages par l'armée allemande, vont vivre une expérience particulière...

Pour avoir déja vu le film que Jean Becker avait tiré de ce livre, je me souvenais de l'histoire ainsi que du dénouement. Néanmoins, j'ai été scotchée par ce récit simple et émouvant et la magie a fait le reste. J'ai ainsi lu d'une traite ce court récit et ai été étonnée par les multiples rebondissements.

Emue plus d'une fois, c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai réellement apprécié ce roman mettant en scène des hommes ni héros ni laches mais qui, comme tout le monde, qu'ils soient français ou soldats allemands, ne demandent qu'une seule chose : le droit de vivre.

Un très beau récit que je conseille à tous, passionnés ou non de résistance car plus que cela, Michel Quint se fait l'apôtre des gens ordinaires et simples de tous bords.

Posté par Liza_Lou, 01 juillet 2007 à 11:49

Z: Zilahy, "Les Dukay"

Le lecteur, en débutant "Les Dukay" de Lajos Zilahy devrait prendre garde. Une fois commencé, ce roman ne le quitte plus et ce sont des nuits blanches qui le guette jusqu'à ce que le dernière des 809 pages soit lue.

Car "Les Dukay" n'est pas un roman comme les autres. Certes, on peut le qualifier de chef d'oeuvre mais cela serait bien trop simple et trop rédibitoire. Car "Les Dukay" avant tout, est un playdoyer.

Playdoyer en faveur d'un certain art de vivre dont Zilahy se fait ici le rapporteur fidèle et nostalgique, soit les dernières heures de l'aristocratie européenne entre les deux guerres. A travers le destin d'une famille hongroise, les Dukay, Zilahy décrit un certain art de vivre, une ambiance, un luxe mais surtout un état d'esprit qui, après avoir été ébranlée par la Grande Guerre, fut mise à terre par le déclenchement de la seconde guerre mondiale. Zilahy, d'ailleurs, et ce n'est pas un hasard, choisit d'arréter ici son roman.

Le "crépuscule doré" de l'aristocratie européenne, pour reprendre une expression d'un des personnages central, est évoqué grâce à cette famille hongroise. Zilahy décrit avec énormément de détails chacun des personnages de cette aristocratie. Qui ne peut se sentir pas attaché par la personnalité de Rere, simple d'esprit mais aussi fils ainé du comte Dukay qui avait enchanté les nuits parisiennes au début du XXème siècle? On est également troublé par la belle Kristina dont la vie sera à jamais bouleversée par la prédiction selon laquelle un jour, elle tiendrait entre ses mains le coeur d'un roi. L'inquiètant Janos est là aussi pour nous rappeler que c'est l'époque de l'essor du nazisme et du fascisme tandis que Gyorgy représente cette nouvelle race d'homme venue d'Amérique : les entrepreneurs. Mais surtout, Zilahy a un vrai attachement envers la benjamine Zia, qui n'hésite pas à se rebeller et qui comprendra avant l'heure, que le moment du partage est enfin venu.

Lajos Zilahy se fait l'apôtre d'un pays, d'une nouvelle nation qui apparait à cette époque : la Hongrie, autrefois rattachée aux Habsbourg dont Zilahy relate ici ses derniers moments. Les soubresauts de l'histoire atteindront cette nation, qui, elle aussi sera emmenée dans les tourments de la guerre.

Nostalgique, Zilahy? Peut-être mais pas totalement. Car si le roman s'achève avec le déclenchement de la guerre et l'arrêt brutal et irrémédiat d'un art de vivre, une note d'espoir transparait à la fin du roman, relayée par la voix forte et puissante de Gyorgy. Comme un rempart contre l'orage qui s'annonce. Un rempart fragile...

Posté par Liza_Lou, 19 juillet 2007 à 22:35

G: Goodis, "Sans espoir de retour"

"Ils étaient, tous les trois, assis sur le trottoir, adossés au mur de l’asile de nuit, serrés les uns contre les autres, pour se protéger du froid mordant de la nuit de novembre. Venue du fleuve, la bise humide qui balayait la rue leur lacérait la figure et les pénétrait jusqu’à la moelle, mais ils ne semblaient pas s’en soucier.
Ils débattaient un problème sans aucun rapport avec la température. C’était une question sérieuse et, dans la discussion, leurs regards se faisaient graves et calculateurs.
Ils se creusaient la cervelle pour trouver un moyen de se procurer de l’alcool (...)"

Whithey vit à Skid Row, juste à coté du quartier de l'Enfer, balayé ces dernières semaines par de nombreuses émeutes raciales. Alors qu'il traine dans la rue avec deux copains pour trouver un moyen d'étancher sa soif, il aperçoit soudain une silhouette surgie de son passé. Whitey décide de lui embarquer le pas et s'engage alors dans l'Enfer, sans aucun espoir de retour...

Un roman d'une noirceur impressionnante que ce soit par son contexte - le racisme, les discriminations et la corruption des forces de l'ordre - que par ses descriptions de bagarres comme par exemple dans le commissariat du 37è district où Whitey est amené et menacé de correction par Kinnard. Surtout c'est avec le personnage de Whitey que Goodis accentue cette ambiance. Le personnage principal est en effet l'homme type rattrapé par son passé, sans aucune mesure de lui échapper. S'attachant à montrer ici comment on peut littéralement sombrer dans la misère et l'alcool. Sans aucun espoir de retour à sa vie passée.

Ce sont des hommes pauvres, vivant dans un état de dénuemement matériel et moral extrème que Goodis décrit ici, à l'image des Portoricains victimes des attaques raciales des "Américains pure souche". C'est Whitey victime de la plus terrible punition pour avoir oser s'approcher de la protégée de Sharkey. C'est un chef de police dépassé par les évènements et ne sachant que faire à part castagner les deux bandes rivales, sans aucun succès.

C'est donc un roman noir, très très noir même mais particulièrement bien réussi. A lire si vous aimez le genre et pour découvrir une des plus belles références de la littérature noire américaine.

Posté par Liza_Lou, 21 juillet 2007 à 17:30

U:Updike, "Dans la splendeur des lis"

Quatre générations d'hommes et de femmes dans l'Amérique des années 10 à aujourd'hui. Une saga familiale qui permet à John Updike d'aborder des thèmes aussi variés que la religion, l'essor du cinéma, les séries tv, les sectes...

Je ne vais pas et ne veux pas m'étendre la dessus : je n'ai pas aimé ce roman. En fait, je n'ai rien trouvé de particulièrement intéressant et qui puisse capter mon intéret. C'est avec ennui que j'ai suivi par exemple Clarence se battant avec sa foi vacillante puis, définitivement perdue. C'est peut-être (même surement) une critique acerbe de la religion et de la rigueur presbyterienne; cela a surtout été pour moi d'un ennui profond. Même les parties suivantes m'ont laissée de marbre, surement du fait des trops nombreuses descriptions de l'auteur. Certes, M. Updike a énormément documenté son roman; mais là, c'est trop pour moi! Et je rejoindrai l'avis de Chantal : c'est trop théologique pour moi aussi!

En bref, pas une grande réussite en ce qui me concerne. A oublier.

Posté par Liza_Lou, 03 août 2007 à 20:41

J'ai essayé de lire Updike aussi et c'est vrai qu'il met beaucoup d'éléments religieux dans ces livres! D'Ailleurs, c'était ma lettre "U" pour challenge et j'ai abandonné... une suggestion?

Posté par Jules, 04 août 2007 à 14:46

Zut alors

Je n'ai pas de U et comptais lire Updike ! Que faire ? Peut-être Ustinov ?

Posté par Meria, 06 août 2007 à 09:39

Moitié!

Je n'avais pas fait attention mais c'est désormais chose faite : j'ai lu 13 romans de ma liste; je suis donc à la moitié de mon challenge!

Posté par Liza_Lou, 06 août 2007 à 14:13

N: Naipaul, "Comment je suis devenu écrivain"

Il y a de cela plusieurs années, j'avais lu une "interview" de ce grand écrivain qu'est V.S. Naipaul. Je mets le mot interview entre guillemets car il s'avèra fort rapidement que M. Naipaul n'était pas particulièrement disposé à répondre aux questions de la journaliste anglaise venue l'interroger sur l'ensemble de son oeuvre. Le prix Nobel de littérature 2001 se montra presque dédaigneux auprès de la pauvre reporter qui s'acharna cependant à soutirer des bribes de conversation avec lui. L'article était bourré d'humour; la journaliste décidant en définitive de prendre avec ce flegme purement britannique toute cette mésaventure.

V.S. Naipaul, à mes yeux, ne ressortit pas grandi de cet interview et l'image que j'eus de lui fut un homme fier, arrogant et profondément désagréable.

Ce fut donc avec circonspection que j'attaquais ma lecture de "Comment je suis devenu écrivain".

A travers trois récits, "Lisant & écrivant", "L'écrivain et l'Inde" et "Deux mondes, discours de réception du prix Nobel", Naipaul explique le rapport ô combien difficile et ambivalent qu'il eut toute sa vie avec l'écriture et la lecture. C'est à onze ans qu'il sut de manière définitive qu'il serait écrivain. Ce ne sera pourtant que bien plus tard, après une enfance passée à Trinidad puis des études supérieures à Oxford, que l'écriture vint à lui. Car, comme le souligne très bien Naipaul, l'écrivain ne fonctionne qu'à l'intuition.

"Je m'en remets à l'intuition. Je le faisais au début, je le fais encore aujourd'hui. Je ne sais absolument pas comment les choses vont tourner, où l'écriture va me mener ensuite. Je m'abandonne à l'intuition pour trouver mes sujets et j'écris intuitivement. Sans doute ai-je une idée, une forme, en commençant, mais il me faudra attendre des année, avant de comprendre pleinement ce que j'ai écrit."

Naipaul explique son enfance, ses rapports difficiles voire inexistants avec l'Inde de ses ancètres et ses compatriotes de Trinidad. Son impossibilité de se comparer avec les écrivains européens aux préoccupations totalement différentes des siennes. De la découverte (enfin!) du pays de son enfance dans ses premiers écrits, puis ses voyages dans les Antilles, en Afrique et surtout en Inde, où il (re)découvre un pays, celui de ses origines.

Le discours que Naipaul fit en 2001 lors de la remise de son prix Nobel de littérature est un monument à lui tout seul. Naipaul, en effet, se livre au lecteur au sujet de son enfance, ses lectures et surtout la passion de toute une vie : l'écriture.

Naipaul affirme que "tout ce qu'il y a de valable en moi est dans mes livres. [...] je suis la somme de mes livres". Cela est surement vrai et donne un sens nouveau pour moi de l'interview que Naipaul avait donné à la journaliste que je mentionnai au départ. Je comprends mieux maintenant Naipaul qui, à une question que la journaliste lui posait, rétorqua simplement "vous n'avez qu'à lire mes livres". Désormais, c'est la journaliste que je blâme pour n'avoir pas voulu faire d'efforts pour comprendre Naipaul.

"Comment je suis devenu écrivain" m'aura permis de me réconcilier avec cet écrivain, dont, sans nul doute, je lirai d'autres écrits à l'avenir.

Posté par Liza_Lou, 06 août 2007 à 18:27

Naipaul, Méria et le U ;-)

J'ai beaucoup aimé ce texte moi aussi et tu en parles très bien !

@ Meria, pour ton U je te recommande Emmanuelle Urien

Posté par Flo, 07 août 2007 à 10:46

Merci

Je note :-) et vais voir ce que je peux lire de cette auteure.

Posté par Meria, 07 août 2007 à 22:10

Merci aussi!

En vérité, je dois te remercier Flo, car c'est après avoir lu ta critique sur ce récit de Naipaul sur le forum du club des rats (ainsi que celle de Chantal) que j'ai eu envie de le lire. Alors, encore merci pour cette découverte!

Posté par Liza_lou, 08 août 2007 à 10:45

Et bien je suis ravie par cette info Liza même si je ne sévis plus sur ce forum :) Heureusement que tu as aimé alors :p

Posté par Flo, 08 août 2007 à 16:20

H: Harrison, "Dalva"

La quatrième de couverture indique que "Dalva" peut être considéré comme le chef d'oeuvre de Jim Harrison. Comme il s'agit du premier roman que je lis de cet auteur, je ne saurais dire mais il y a une chose dont je suis cependant sure et certaine : "Dalva" est un roman magnifique.

Harrison nous conte l'histoire d'une femme, Dalva, et à travers sa vie et celle des siens, c'est toute l'Amérique des premiers colons aux années 1980 qui défile. Femme indépendante, vibrante et folle de nature et de grands espaces, Dalva est à elle seule un personnage inoubliable. Avec une écriture pleine de poésie et d'émotion, Harrison arrive à captiver le lecteur qui assiste, bouche bée, au massacre de Crazy Horse à travers les souvenirs de Northridge, l'arrière grand père de Dalva, qui tenta coûte que coûte de protéger et préserver le mode de vie des Sioux face à l'appétit des colons américains.

C'est surtout l'histoire bouleversante d'une femme Dalva, donc, de son enfance entourée de sa mère et de sa soeur, blessée à jamais par la mort de son père en Corée pendant la guerre. De ses confidences avec son grand père dans leur ranch du Nebraska. De son amour inoublié avec Duane. Du grand drame de sa vie...

Un destin de femme superbe, au caractère fort mais aussi, d'une fragilité profonde... Une peinture de l'Amérique des grands espaces superbement dessinée par Harrison.

Des similitudes avec "Mille femmes blanches" de Jim Fergus? Peut-être, même si Dalva, c'est beaucoup mieux car beaucoup plus fouillé...

Une révélation pour un auteur avec une plume et un style extraordinaire. Un grand moment de lecture que je vais pouvoir prolonger avec la suite, "La route du retour", qu'il me tarde de lire maintenant!

Posté par Liza_Lou, 08 septembre 2007 à 22:29

J'ai lu les deux livres

J'ai adoré Mille femmes blanches et me suis ennuyée avec Dalva. Trop de longueurs.
Tu parles de similitude entre les deux livres, peux-tu nous dire lesquelles, car je ne les ai pas perçues.

Posté par Meria, 08 septembre 2007 à 22:53

merci

je viens de lire ton commentaire concernant le livre de Jim Harrison... Il m'a donnée envie de lire ce roman.

Posté par Thracinee, 09 septembre 2007 à 20:31

P: Perry, "L'étrangleur de Cater Street"

Dans le Londres victorien des années 1880, un étrangleur s'attaque à des jeunes filles de toutes classes sociales dans les entourages de Cater Street. Alors que la terreur rôde et que les rumeurs vont bon train, l'inspecteur Thomas Pitt est chargé par Scotland Yard de mener l'enquète. Celle-ci le conduit chez les Ellison où il rencontre Charlotte, jeune fille de bonne famille n'ayant pas la langue dans sa poche. Ensemble, parviendront-ils à arréter l'assassin avant qu'il ne fasse d'autres victimes?

Une excellente enquète policière avec une intrigue bien ficelée et des personnages intéressants et originaux. Mme Perry réussit à merveille à retranscrire l'atmosphère victorienne tout en en soulignant les défauts et travers. Les deux héros - Charlotte Ellison et Thomas Pitt -sont très attachants et évitent la caricature.

Premier tome de la série policière des Pitt, "L'étrangleur de Cater Street" conviendra à tous les fans d'enquètes policières dites "classiques" ainsi qu'aux autres se réclamant allergiques de ce genre littéraire, Mme Perry évitant en effet de s'appesantir trop en langueur sur les détails matériels pour s'attacher plus à ces peronnages avec beaucoup d'humour et de dérision.

Une première enquète réussie; pour moi, une nouvelle série policière dont je vais m'empresser de lire les autres tomes!

Posté par Liza_Lou, 22 septembre 2007 à 16:51

A Delft, au 17ème siècle, Griet est engagée comme servante chez les Vermeer. La vie n'est pas facile pour la jeune fille en proie aux hostilités d'une bonne part de la maisonnée qui voit en elle une menace. Griet, en effet, est chargée de nettoyer chaque jour l'atelier du peintre. Peu à peu, Vermeer la charge de menues besognes en secret jusqu'au jour où il décide de faire son portrait...

A partir d'un des tableaux les plus célèbres de Vermeer, Tracy Chevalier réussit à faire revivre à nos yeux la Hollande du 17ème siècle. L'écriture est particulièrement simple et, de ce fait, les tableaux décrits prennent vie à nos yeux, à l'image de "La laitière", ou évidemment de celui dont il est question durant tout le récit. Le lecteur croirait presque à cette façon romancée de la vie de Vermeer, à l'évolution de son oeuvre, sa façon de peindre...

Un très joli roman historique, très simple et qui permet de passer un très agréable moment. Pas un coup de coeur pour moi, mais, assurément, "La jeune fille à la perle" est une réussite.

Posté par Liza_Lou, 30 septembre 2007 à 15:52

C: Chevalier, "La jeune fille à la perle"

A Delft, au 17ème siècle, Griet est engagée comme servante chez les Vermeer. La vie n'est pas facile pour la jeune fille en proie aux hostilités d'une bonne part de la maisonnée qui voit en elle une menace. Griet, en effet, est chargée de nettoyer chaque jour l'atelier du peintre. Peu à peu, Vermeer la charge de menues besognes en secret jusqu'au jour où il décide de faire son portrait...

A partir d'un des tableaux les plus célèbres de Vermeer, Tracy Chevalier réussit à faire revivre à nos yeux la Hollande du 17ème siècle. L'écriture est particulièrement simple et, de ce fait, les tableaux décrits prennent vie à nos yeux, à l'image de "La laitière", ou évidemment de celui dont il est question durant tout le récit. Le lecteur croirait presque à cette façon romancée de la vie de Vermeer, à l'évolution de son oeuvre, sa façon de peindre...

Un très joli roman historique, très simple et qui permet de passer un très agréable moment. Pas un coup de coeur pour moi, mais, assurément, "La jeune fille à la perle" est une réussite.

Posté par Liza_lou, 06 octobre 2007 à 16:10

I: Inoué, "Le fusil de chasse"

Trois femmes, trois lettres adressées à Misugi, homme solitaire. Trois points de vue différents d'une même histoire d'amour tournant au drame. Il y a la lettre de la fille de la maitresse morte depuis peu, mélange de colère et d'incompréhension; celle de l'épouse trompée demandant le divorce après dix ans de mensonge et de retenue puis enfin, celle de la maitresse, juste avant son suscide.

Un joli petit roman, très simple à lire avec de très beaux passages faits de poésie et de mélancolie. Le style, aussi bien sur le fond que sur la forme, est très "japonais" et j'avoue que c'est une écriture qui me surprend encore et à laquelle je ne suis pas habituée... De même, si l'histoire est très belle et par moments touchante (j'ai trouvé la dernière lettre particulièrement émouvante), je n'ai pas été tant bouleversée que cela. Par conséquent, je ne ferai pas partie de ceux qui qualifient "Le fusil de chasse" de chef d'oeuvre. C'est un beau roman certes, mais cela s'arrete ici, point. Encore une fois, je pense que cela est dû au style particulier qu'ont les romans japonais et qui, au fond, ne me conviennent pas...

Une histoire très douce, très simple, très agréable. A lire pour ceux qui aimeraient découvrir la littérature japonaise.

Posté par Liza_lou, 06 octobre 2007 à 16:11

V: Von Horvath, "Jeunesse sans Dieu"

Dans l'Allemagne des années 30, un professeur d'histoire géographie est confronté à l'idéologie nazie montante propagée par ses élèves, des jeunes garçons d'une quinzaine d'années. Pour voir, et surtout pour conserver sonn gagne-pain, ce professeur décide de se ranger lui aussi de ce coté-là. L'un de ses élèves, N, est cependant tué lors d'un camp d'entrainement militaire en plein air. Commence alors pour le professeur une remise en question de son temps, de la société et de ses valeurs...

Je le dis rarement mais, à n'en pas douter, "Jeunesse sans Dieu" est un roman superbe. Inoubliable. Extraordinaire. Je crois que tous les superlatifs ne seront jamais de trop pour qualifier ce récit, peu connu à notre époque. Ce qui est regrettable.

L'auteur, Ödon Von Horvath, vivait à l'époque de la montée du nazisme. Ce qui est fort troublant, c'est que ce roman fut écrit en 1938, soit lorsque le nazisme battait son plein en Allemagne. Autant dire que "Jeunesse sans Dieu" est un roman d'une lucidité troublante : Von Horvath a en effet vu le pire, ce qu'il a exposé ici dans ce roman, le plus connu de son oeuvre.

Dans "Jeunesse sans Dieu", l'auteur cherche à comprendre ce qui poussait alors la jeunesse de l'époque vers le nazisme. Le fascisme était alors auréolé d'une telle gloire, d'une telle séduction apparente, que les jeunes ne pensaient qu'à embrasser cette idéologie tout en rejettant toutes les valeurs passées faites d'humanisme et de raison. "Jeunesse sans Dieu" expose aussi les "valeurs' du nazisme, à savoir le rascisme (non, les nègres ne sont pas des hommes!), la glorification de la race à laquelle il faut appartenir, le respect du clan par dessus tout le reste, l'exaltation de la jeunesse et de la force.

Le récit dénonce également la dérive de la société vers l'argent et l'apparence. Le monde n'est gouverné que par les riches, ce que dénonce violemment le professeur qui ne peut s'y résoudre. Cependant, même lui se laisse en une sorte avoir puisque c'est pour conserver son travail qu'il décidera de se taire. De suivre la masse. De cautionner le fascisme.

Il ne faut pourtant pas s'y tromper : si beaucoup ont suivi le nazisme c'est plus par peur et pour survivre. Il en faut du courage pour refuser de suivre la majorité. D'être mis au ban de la société. D'aller jusqu'à s'exiler.

Un roman avec un intrigue palpitante (Qui a tué N? Pourquoi?) et une écriture vive, palpitante et remarquablement aisée à lire. Un régal!

Posté par Liza_Lou, 14 octobre 2007 à 17:15

L: Laferrière, "Le charme des après-midi sans fin"

Vieux Os vit à Petit-Goâve avec Da, sa grand mère. Au fil des pages, nous suivons sa vie quotidienne avec ses amis, Rico et Frantz, les filles telles que sa cousine Didi ou Vava, dont il est secrètement amoureux. Mais voilà qu'un jour, un couvre feu est instauré, bouleversant l'existence de Vieux Os.

Un très beau roman d'un auteur dont je ne soupçonnais même pas l'existence il y a quelques mois! Avec un mélange d'humour et de tendresse, Dany Laferrière nous décrit le quotidien des habitants de Petit-Goâve. C'est une vie douce, rythmée par les discussions, les parties d'échec chez le coiffeur, les légendes racontées par Da à Vieux Os ou encore les bagarres entre garçons de l'école communale et celle à laquelle appartient Vieux Os.

C'est une écriture très simple et pourtant, on se croirait nous aussi à Petit Goâve, à déambuler dans les rues aux cotés de l'avocat Loné ou à écouter Thérèse raconter son futur mariage. Le récit est découpé en chapitres courts, il est donc très facile de lire à son rythme l'histoire.

J'ai vraiment beaucoup apprécié ce récit de Dany Laferrière qui m'a emmenée à Haiti, dont je ne connaissais pratiquement rien. Da est assurément le personnage emblématique du récit et j'étais vraiment triste dans les dernières pages lorsqu'il a fallu la quitter.

Un superbe récit, un grand coup de coeur pour ma part. A lire si ce n'est déja fait!

Posté par Liza_Lou, 28 octobre 2007 à 11:08

W: Williams, "Fantasia chez les ploucs"

"Ah! ça, pour un été, c'était un fameux été!"

Vous aimez les histoires farfelues, drôles, complètement aberrantes? Alors, "Fantasia chez les ploucs" est fait pour vous.

Dans ce roman policier hilarant, suivez le jeune Billy, la narrateur de ce récit loufoque, dans la ferme de son oncle Sagamore où il se passe toujours quelque chose. Vous y croiserez un parent timbré qui construit une arche en prévision du grand déluge, un shérif et ses acolytes complètement désespérés face aux manoeuvres de Sagamore Noonan, Miss Harrington et son liseron non moins célèbre dans la contrée que son bikini en diamant... Sans oublier ces drôles de chasseurs qui se trimballent dans la foret avec leurs mitraillettes ou cette fête foraine surgie de nulle part lorsqu'il s'agit de retrouver la belle miss Caroline Tchou Tchou, disparue à moitié nue en pleine nuit dans la ravine...

Vous l'aurez compris, "Fantasia chez les ploucs "est le genre de romans où le lecteur est entrainé dans une spirale d'évènements tous plus farfelus les uns que les autres. C'est très drôle, et en même temps, Charles Williams réussit à entretenir un vrai suspens qui fait que l'on dévore à toute berzingue ce récit afin de savoir enfin ce que goupille en réalité en secret Sagamore Noonan dans sa ferme...

Un vrai régal; un grand roman devenu un véritable classique, avec une suite qui me fait saliver à l'avance : "Aux urnes les ploucs!"

Posté par Liza_Lou, 25 novembre 2007 à 17:23

J: Joyce, "Gens de Dublin"

Quinze nouvelles avec, comme point commun, la ville de Dublin que Joyce décrit ici à travers ses habitants.

Quinze nouvelles qui parlent d'hommes et de femmes, de tous milieux, de toutes conditions sociales, de tout âge. On a l'impression dans certaines nouvelles qu'il ne se passe pas grand chose, que Joyce est arrivé à l'improviste dans le quotidien de ces gens pour mieux en appréhender l'histoire.

C'est très bien écrit, et, par conséquent, très abordable pour commencer à lire l'oeuvre de ce grand écrivain qu'est James Joyce. Même si ces nouvelles ont presque un siècle, elles nous interpellent de par leur description ô combien juste de l'âme humaine avec ses défauts et travers.

Joyce décrit particulièrement bien l'attente, la frustration, le désir, la peur qui réside en chacun de nous. Comment ne pas être touché par les tourments et doutes qui traversent Evelyne au moment de choisir s'il lui faut s'enfuir de la maison paternelle ou non? Comment ne pas ressentir, dans cette froide soirée d'hiver, la solitude qui touche cet autre homme lorsqu'il comprend qu'il a perdu la seule et unique amitié de sa vie?

Joyce parle de vie et de mort, de misère et d'alcolisme, d'hommes regrettant leur vie comme Chandler et ses poêmes avortés. Il y a la rage de cette mère qui comprend que sa fille ne sera pas payée pour avoir chanté ou ces deux enfants qui font une rencontre inquiétante dans un terrain vague.

L'ambiance retranscrite de par les descriptions de Joyce est remarquable; à vrai dire, on se croirait dans ce Dublin par moments sombre et pluvieux, et à d'autres instants, résonnant des rires et des chants de la bourgeoisie fortunée.

Un beau récit, avec des nouvelles intéressantes même si certaines m'ont moins touchée que d'autres. Un recueil devenu un classique de la littérature du XXème siècle.

Posté par Liza_Lou, 25 novembre 2007 à 17:25

D: Diome, "Le ventre de l'Atlantique"

Salie, émigrée Sénégalaise, vit en France de sa plume. Là-bas, au pays, sur l'île de Niodor, son frère Madické rève de la rejoindre afin de réaliser son rêve : jouer dans une équipe de football française et rencontrer son idole, Maldini, joeur italien de l'AC Milan. Mais comment lui expliquer que la vie en France pour les émigrés n'est pas telle que Madické et ses copains l'imaginent? Que les quelques Sénefs qui ont réussi masquent tous les autres qui survivent dans la misère tout en le cachant aux proches restés au pays ou ceux qui sont refoulés sans ménagement hors de la frontière et qui deviennent la honte de toute une communauté.

A lui seul, "Le ventre de l'Atlantique" est un magnifique témoignage de l'émigration et de ses ravages auprès des habitants du Tiers Monde. Fatou Diome décrit en effet les motivations, les espoirs déçus de beaucoup de ceux qui ont tenté le voyage et qui n'ont, à leur arrivée en France, connu pour la plupart la misère, le dédain des Français, subi le rascisme et les contrôles de police. Sans oublier ceux, qui, comme Moussa, ont été renvoyé sans ménagement au Sénégal et qui, ne pouvant supporter le mépris de ses semblables, s'est donné la mort.

Cependant, pour la majorité des jeunes de l'île de Niodor, partir reste la seule solution. Que faire face à une telle misère, quand on a une famille à nourrir, des parents qui comptent sur vous pour améliorer la situation? Que faire, quand, ceux qui ont réussi et se sont enrichis, reviennent au pays et font étalage de leurs richesses? Difficile par conséquent pour l'instituteur Ndétaré de convaincre ces jeunes qu'il y a d'autres moyens que de passer par l'émigration. La tête plein d'étoiles, la jeunesse sénégalaise rêve devant la télévision qui lui renvoie une image de l'Occident tronquée, où les gens sont payés grâce au RMI à ne rien faire, où les familles grâce à la CAF s'enrichissent en faisant des enfants ou même ceux qui ramassent les crottes de chien à Paris ont un salaire...

Alors, évidemment, quand on leur dit que la vie de l'émigré, là-bas, est loin d'être rose, eux s'en moquent. Ne sont t-ils pas jeunes, vaillants et enthousiastes? Et puis, la plupart de ceux qui y vont ne reviennent ils pas riches? Tout, plutôt que de rester ici, à pécher dans le ventre de l'Atlantique quelques misérables poissons! Tout, plutôt que de continuer à se morfondre des jours durant dans ce coin perdu du Sénégal dont l'Etat s'est depuis longtemps désinteressé! Quant aux émigrés, qui, comme Salie, tente de les dissuader de venir, ne sont ils pas égoistes de ne pas vouloir les aider à obtenir un billet d'avion pour la France! Puisqu'ils y sont, pourquoi ne veulent ils pas que, eux, viennent!

Fatou Diome dresse ici aussi un portrait complet de la vie sénégalaise où les marabouts et les anciennes croyances règnent encore sur les esprits, où l'islamisme radical gagne du terrain, où les femmes n'ont d'autre rôle que d'avoir des enfants et d'épouser les hommes que la communauté lui a imposé.

Un beau roman; un témoignage convaincant sur l'émigration et ses conséquences. Un seul bémol : les passages sur les matchs de foot, qui m'ont, je l'avoue, complètement laissée de marbre voire ennuyée par instants! Mais, cependant, "Le ventre de l'Atlantique" est une vision différente d'une situation dont on parle beaucoup et qui, à l'avenir, ne devrait pas s'arréter.

Posté par Liza_lou, 30 novembre 2007 à 14:24

X: Xinran, Funérailles célestes"

En 1956, Wen et Kejun sont deux jeunes étudiants en médecine, plein de l'idéologie communiste en vigueur en Chine. Alors qu'ils ne sont mariés que depuis trois mois, Kejun s'enrôle comme médecin volontaire dans l'armée chinoise en partance pour le Tibet. Quelques mois plus tard, Shu Wen apprend que Kejun aurait trouvé la mort sur les plateaux tibétains. Ne pouvant y croire, elle décide alors de se rendre en plein conflit sino-tibétain au Tibet afin de partir à la recherche de son mari et de découvrir ce qui lui est réellement arrivé...

Quel roman magnifique! Xinran décrit ici un formidable portrait de femme avec le destin extraordinaire de Shu Wen, confrontée à un paysage et un mode de vie auxquels elle n'a absolument pas été préparée. Liée d'amitiée avec Zhuoma, fille d'un chef de clan tibétain, recueillie par des nomades explorant toutes les montagnes sacrées du Tibet ainsi que les innombrables plaines, Shu Wen n'aura de cesse de consacrer sa vie à retrouver son mari.

J'ai été littéralement transportée au Tibet, suivant pas à pas les recherches de Shu Wen, tremblant, espérant pour elle et les amis qu'elle se fait au cours de sa vie au Tibet. Coupée du monde, Shu Wen ne sait rien des multiples bouleversements qui ébranlent la Chine - la mort de Mao, la Révolution culturelle, les réformes de Deng Xiaoping. Au contraire, là-bas, Shu Wen apprend la spiritualité au contact de ces gens simples dont la vie est rythmée par les saisons et les transumances.

J'ai adoré ce roman; j'en suis d'ailleurs encore complètement émue. Se dire d'autant plus qu'il s'agit d'une histoire est encore plus bouleversant. Xinran, avec ce récit, a ainsi montré jusqu'où l'on peut aller par amour et par détermination. Un immense respect pour Shu Wen, et un grand bravo pour Xinran d'avoir retranscrit ici son histoire.

Posté par Liza_Lou, 09 décembre 2007 à 21:21

T: Tunström, "L'Oratorio de Noël"

Trois générations d'hommes dans la Suède du XXème siècle, à jamais marqués par la mort de Solveig, la femme d'Aron, piétinée par un troupeau de vaches alors qu'elle se rendait au village chanter l'Oratorio de Noël de Bach. Trois hommes donc - Aron, puis son fils, Sidner, lui aussi témoin du drame vécue par sa mère, et enfin Victor, le petit fils; tous marqués par la folie, la mélancolie, la solitude mais aussi par l'amour de la musique et de l'art en général. Trois hommes dont l'existence est bercée par le chant de Noel de Bach.
Esprits cartésiens, attention! "L'Oratorio de Noël" n'est pas un roman à prendre à la légère! Pas de suite linéaire dans ce récit, non, puisque Goran Tunström s'amuse à s'inviter dans l'imaginaire de ses trois personnages à tour de rôle et sans lien logique. Ce n'est qu'à la fin du récit que l'on comprend à quel point cette histoire est non pas compliquée - le mot est faux - mais complexe de par son intensité et les symboliques qui la composent page à page.
Pas un personnage n'est de trop qu'il s'agisse des plus importants aux plus minimes, même ceux que l'on ne rencontre qu'un bref instant pour ne les retrouver que bien plus loin dans le récit. C'est un beau témoignage de vie et surtout de l'amour de la vie que Tunström a ici composé. Comme dans un souffle, comme dans un rève, l'on est emmené, que dis-je, brinquebalé de Suède en Nouvelle Zélande auprès de la malheureuse Tessa qui a placé ses rêves en Aron qui lui, continue à voir Solveig en songe.
La folie est omniprésente; n'ayez pas peur de vous approcher du fou dans son asile; d'Aron qui vit peu à peu renfermé dans son monde, de Fanny qui préfère réver sa vie plutôt que vivre ses rèves ou de Victor qui attend comme Télémaque le retour de son père.
Croisez au détour des pages une Selma Lagerlöf étonnante, un homme-obus paralysé ou même Marc Chagall en Provence. Mais surtout suivez la mélodie contée par Tunström sur l'air de l'Oratorio de Noël dont la symbolique s'impose comme une évidence à la fin du récit.
Alors, oui, lisez, ou plutôt dégustez, prenez le temps de savourer ce roman, cette pépite de littérature. Découvrez le monde merveilleux de Tunström fait de petites choses mais qui prennent toute leur importance peu à peu. Partez à Sunne découvrir les Nordensson et leur univers ainsi que ceux de leur proches.
Qu'attendez vous? "L'Oratorio de Noël" est fait pour vous, c'est moi qui vous le dit.

Posté par Liza_lou, 20 décembre 2007 à 19:12

Y: Yoshikawa, "La pierre et le sabre"

Dans le Japon du XVIIème siècle, Myamoto Mushashi va par monts et par vaux afin de découvrir et de suivre la réelle Voie du Sabre. Au gré de ses rencontres et des multiples périls qu'il doit affronter, le jeune homme va ainsi essayer de tendre vers son idéal : devenir un samouraï expert.

Roman d'aventure et d'apprentissage, "La pierre et le sabre" est une grande épopée dans le Japon du XVIIème siècle. On avance de rebondissements en rebondissements; aucun temps mort, pas de description superflue qui alourdirait inutilement l'histoire. Au contraire, l'auteur réussit à tenir en haleine le lecteur qui ne voit en aucun cas passer les quelques 850 pages du romans.

Le héros, Myamoto Mushashi, croise au fil des routes et des situations une multitude de personnages qui eux mêmes se croisent et se recroisent au fil des pages. On sent que Eiji Yoshikawa a particulièrement bien structuré son histoire. D'ailleurs, le roman étant d'abord paru en feuilleton, l'histoire est découpée en multiples petits chapitres qui permettent ainsi une lecture claire et agréable.

C'est le Japon du XVIIème siècle qui revit sous nos yeux avec les samourais et leur code d'honneur mais aussi les quartiers de plaisirs avec ses geishas ou encore les seigneurs féodaux et leurs castes. C'est aussi et surtout la sagesse, le respect et l'écoute de la nature sans oublier, évidemment, le grand sens de l'honneur.

Un magnifique roman, classique de la littérature japonaise, que j'ai lu sans discontinuer jusqu'à la dernière ligne. Un plaisir à ne pas bouder.

Posté par Liza_lou, 13 janvier 2008 à 18:19

Fini

Voilà, mon challenge abc 2007 est fini (avec quelques jours de retard, je l'avoue).

J'ai fait de très belles découvertes, aussi bien d'auteurs que de style de lectures que j'avais envie depuis longtemps de lire. Et mêmes si quelques lectures ont été un peu décevantes, je ne retiendrai que du positif. Bref, un challenge très enrichissant et que j'ai eu beaucoup de plaisir à faire!

Enfin un grand merci à l'animatrice de ce blog pour avoir eu l'idée de créer ce challenge et de l'ouvrir au plus grand nombre!

Posté par Liza_lou, 13 janvier 2008 à 18:22

Merci Liza-lou

De ta participation :)
Bonnes lectures 2008.

Posté par Meria, 14 janvier 2008 à 13:59

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