09 février 2007
LA LISTE DE CECILE
A AUSTER, Paul Le livre des illusions
B BERLEAND, François Le fils de l'homme invisible
C COHEN, Albert Belle du seigneur
D DELAUME, Chloé J'habite dans la télévision
E ECO, Umberto Le nom de la rose
F FRANCOIS, Annie Bouquiner
G GAGNOL, Alain La femme patiente
H HENDERSON, Lauren L'indispensable petite robe noire
I IRVING, John Les rêves des autres
J JAMES, P.D. La salle des meurtres
K KAFKA, Franz La métamorphose
L LEWIS, Ted Plender
M MALZIEU, Mathias Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi
N NIMIER, Marie La reine du silence
O ORSENNA, Erik La Grammaire est une chanson douce
P PROULT, Annie Brokeback Montain
Q QUEFFELEC, Yann Les noces barbares
R ROTH, Philippe La tâche
S SHAKESPEARE, William Le songe d'une nuit d'été
T TALLIS, Franck La justice de l'inconscient
U UDALL, Brady Le destin miraculeux d'Edgar Mint
V VICTOR, Barbara L'embrasement
W WOOLF, Virginia Mrs Dalloway
X XIAOLONG, Qiu Mort d'une Héroïne rouge
Y YOUNG, Elizabeth Petites embrouilles et pieux mensonges
Z ZWEIG, Stefan Balzac
Commentaires
Noces barbares
Je l'ai lu il y a déjà quelques années, j'en garde un souvenir très fort.
C'est d'ailleurs un autre livre de cet auteur que j'ai choisi pour la lettre Q
IRVING
C'est pas un auteur avec qui j'ai accroché, contrairement à bcp.
Umberto
J'ai lu le nom de la rose, il y très longtemps et cela a été un vrai régal.
Belle du Seigneur
Certaines personnes l`ont choisi comme roman du siècle! Tu n`as pas peur de prendre du retard dans tes lectures vu l`épaisseur du bouquin?? Belle liste! J`ai aussi Les noces barbares dans la mienne!
Belle du Seigneur
Ouhlala oui j'ai vu le pavé !!! C'est pour ça que je préfère le garder pour un peu plus tard au cas où je verrais que je n'ai vraiment pas le temps de m'y mettre cette année...
Mais de toutes façons, j'en entends tellement parler qu'il faut absolument que je le lise moi aussi... :-)
MALZIEU Mathias - Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi
1er livre de mon Challenge, dévoré en 2 petits jours et si j’avais eu le temps, je pense que j’aurais pu le lire d’une traite…
Résumé : Mathias, une trentaine d'années mais une âme d'enfant, vient de perdre sa mère. Sans le géant qu’il rencontre sur le parking de l’hôpital, que serait-il devenu ? Giant Jack, 4,50 mètres, « docteur en ombrologie », soigne les gens atteints de deuil. Il donne à son protégé une ombre, des livres, la capacité de vivre encore et de rêver malgré la douleur… Il le fera grandir.
J’ai adoré ce livre, je l’ai trouvé très très poétique. Le chagrin de cette famille face au deuil prend à la gorge (j’ai pleuré pendant tout le 1er chapitre…).
Face à la disparition de sa mère, le narrateur redevient un enfant et fait appel à tous ses rêves pour surmonter son chagrin. J’ai pleuré avec lui, ri avec lui, espéré avec lui.
J’espère que si je donne envie à certains de lire ce roman, ils seront aussi enchantés que moi. Sinon, il ne fait que 150 pages alors ce ne sera pas beaucoup de temps perdu… :-)
AUSTER, Paul - Le livre des illusions
Après la mort de sa femme et de ses enfants, David Zimmer était anéanti. S’il a pu échapper au désespoir, c’est grâce à l’écriture d’un livre consacré à Hector Mann, virtuose du cinéma muet porté disparu depuis 1929. Un soir, une jeune femme débarque chez lui en lui annonçant que Hector Mann lui-même le réclame de toute urgence sur son lit de mort. David se laisse entraîner dans un très long voyage…
C’est le 1er roman que je lis de Paul Auster (évidemment puisque mon but dans ce challenge est de découvrir de nouveaux auteurs).
J’ai beaucoup aimé, j’ai été rapidement plongée dans les histoires des différents personnages. Ceux-ci sont d’ailleurs très « réels ».
L’incursion dans le monde du cinéma muet contribue à cette impression de réalisme par la description des plans, des effets, des montages…
J’ai aussi beaucoup apprécié les « histoires dans l’histoire » : l’histoire du personnage du film de Hector Mann dans le récit de David Zimmer.
Ce roman m’a donné envie d’en lire encore beaucoup d’autres de Paul Auster ce que j’ai l’intention de faire très rapidement…
IRVING, John - Les rêves des autres
Il est extrêmement rare que je ne termine pas un livre que j’ai commencé.
D’autant plus pour celui-ci que pour le Challenge, je dois donner mon avis en connaissance de cause…
Mais j’avoue que comme Anjelica, je n’ai pas accroché. J’ai eu beaucoup de mal à lire ces nouvelles, j’ai vraiment lu les 2 dernières en diagonale.
Je ne sais pas si cela tient au fait qu’il s’agit de nouvelles et non d’un roman mais je me suis terriblement ennuyée.
Les histoires ne m’ont pas accrochée et les chutes m’ont laissée perplexe…
J’ai La Quatrième Main dans ma biliothèque, je vais tenter de le lire un de ces jours pour voir si c’est définitivement J. IRVING que je n’aime pas ou ce recueil en particulier.
Les rêves des autres...
Moi aussi j'ai choisi Irving pour mon Challenge ("La veuve de papier"). Mais comme je ne connaissais pas cet auteur, j'ai voulu le découvrir avec ce recueil de nouvelles... Et il n'y a que "Les rêves des autres" qui m'a vraiment plu !
Moi non plus je n'ai pas réussit à le finir...
J'espère être plus attirée par "La veuve de papier"...
YOUNG, Elizabeth - Petites embrouilles et pieux mensonges
Que faire lorsque, comme Sophy, on est célibataire, la trentaine, et dotée par la nature d'une mère un brin impatiente de se retrouver grand-mère ? Réponse : on s'invente un petit ami tout droit sorti des contes de fées. Et que faire lorsque sa sœur cadette se marie (la traîtresse!), et que l'on doit produire le susdit prince charmant ? Après avoir envisagé frénétiquement les solutions les plus loufoques incluant la mort du beau boyfriend dans un tragique accident, Sophy a LA solution : engager un chevalier servant pour l'occasion ! Le jour fatidique approche. Sophy va-t-elle se sortir de ce pieux mensonge ? C'est compter sans le charme inattendu de l'irrésistible Josh, prêt à se glisser dans les chaussures de luxe du séduisant golden boy inventé par Sophy...
Après m’être un peu ennuyée avec John Irving, j’ai changé de style pour un peu de fraîcheur.
J’ai passé un bon moment avec ce livre mais rien d’exceptionnel non plus.
C’est un énième roman de littérature « chick lit » soit « littérature de poulettes », entre autres Tiffany Trott & consoeurs…
Le genre d’histoire où on sait en lisant la quatrième de couverture comment ça va se terminer : pour le mieux, évidemment.
L’histoire est courue, les rebondissements attendus et le style est frais.
Dans le même genre, j’ai largement préféré Bridget Jones de Helen Fielding qui a lancé le mouvement, Sex and The City de Candace Bushnell (qui a inspiré la série télévisée) ou même plus récemment Le diable s'habille en Prada de Lauren Weisberger.
Woolf, Virginia - Mrs Dalloway
Résumé : Tôt le matin, tard le soir, Clarissa Dalloway se surprend à écouter le clocher de Big Ben. Entre les deux carillons, une journée de printemps, une promenade dans la ville, le flux des états d'âme et le long monologue d'une conscience. Clarissa tente " de sauver cette partie de la vie, la seule précieuse, ce centre, ce ravissement, que les hommes laissent échapper, cette joie prodigieuse qui pourrait être nôtre ". Et pourtant résonne déjà dans ce livre, le plus transparent peut-être de l'oeuvre de Virginia Woolf, comme la fêlure de l'angoisse ou le vertige du suicide.
Tout d’abord, il n’a pas été facile pour moi de me remettre à ce genre d’écriture puisque je ne lis que des contemporains depuis quelques années. En même temps, une fois passée l’adaptation du début, ça a été très agréable.
Depuis que j’ai vu le film The Hours de Stephen Daldry avec entre autres Nicole Kidman, époustouflante, et ensuite lu le roman du même nom de Michel Cunningham, j’avais envie de lire Mrs Dalloway. Et je ne le regrette pas.
Ce roman est envoûtant, on suit Clarissa Dalloway sur une journée, qui se rappelle sa jeunesse, certaines de ses connaissances ou parfois seulement des personnes croisées dans Londres et on entre dans leurs monologues intérieurs avec plaisir.
Londres est représentée comme un personnage à part entière du roman, par les descriptions de ses quartiers, de ses rues, par l’horloge de Big Ben qui rythme cette journée.
Lewis, Ted - Plender
Résumé: Brian Plender et Peter Knott. Voisins pendant leur enfance et camarades de classe. Plender, le fils de prolo, et Knott, le fils de bourgeois. Knott avait sa cour d’admirateurs serviles et plaisait aux filles. Plender était tout juste toléré, parce qu’il supportait d’être le souffre-douleur de la bande. Dix-sept ans plus tard, Brian Plender a bien changé. Sur le plan matériel, il a "réussi", même si c’est au service de personnages louches et de causes discutables. Devenu photographe, Peter Knott a toujours du succès auprès des femmes. Quand le hasard réunit les deux hommes, c’est dans des circonstances dramatiques qui fournissent à plender un extraordinaire moyen de pression sur Peter Knott. Le fils du prolo va régler ses comptes avec sa jeunesse.
Plender a été adapté au cinéma par Eric Barbier en 2007 sous le titre Le Serpent avec Clovis Cornillac dans le rôle de Plender et Yvan Attal dans le rôle de Peter Knott.
Je n’ai pas vu le film mais le livre m’a énormément plu.
La narration alternée du roman nous permet d’avoir la vision des choses à la fois de Plender et de Knott.
Le style est direct, brutal et efficace et on se laisse facilement emporter par l’histoire qui n’offre aucun temps mort.
Très bon livre et qui offre effectivement de belles possibilités d’adaptation cinématographique.
PROULX, Annie - Brokeback Mountain
Résumé : Brokeback Mountain : un bout de terre sauvage, hors du temps, dans les plaines du Wyoming. Ennis del Mar et Jack Twist, cow-boys, nomades du désert américain, saisonniers des ranchs, s'y croiseront le temps d'un été. Ils n'ont pas vingt ans. La rencontre est fulgurante. Bientôt, à l'abri des regards, les deux hommes s'étreignent et succombent à une passion sublime et crue, qui ne dit pas son nom. Ils se quitteront, se retrouveront, d'année en année, prenant femmes, mais animés en secret du seul rêve de se rejoindre et de monter ensemble leur propre ranch, sur Brokeback Mountain. Ni le temps, ni l'espace, ni les non-dits, ni les hommes, n'auront raison de cet amour - que seule viendra briser la mort.
J’ai été surprise de l’épaisseur du livre car je pensais que c’était un roman. Or l’histoire adaptée par Ang Lee au cinéma est une nouvelle.
L’inconvénient c’est que ça se lit très vite, trop vite dans ce cas…
L'histoire s'attache surtout à la difficulté de la relation passionnée de deux êtres face à certains milieux sociaux. Ennis et Jack sont beaucoup moins sexy que dans le film et pourtant leur romance nous transperce le cœur.
Court moment de lecture très agréable…
QUEFFELEC Yann – Les noces barbares
Résumé : Fruit d'une alliance barbare et d'un grand amour déçu, Ludovic, enfant haï par sa trop jeune mère - Nicole et ses grands-parents, vit ses premières années caché dans un grenier.
La situation ne s'arrange guère après le mariage de Nicole avec Micho, brave et riche mécanicien qui cherche à protéger Ludovic. Hantée par ses amours brisées, sombrant dans l'alcoolisme et méprisant son mari, la jeune femme fait enfermer son fils dans une institution pour débiles légers. Mais Ludovic n'est pas l'arriéré qu'on veut faire de lui. Il ne cesse de rêver à sa mère qu'il adore et qu'il redoute. Même une première expérience amoureuse ne parvient pas à l'en détourner. Son seul but, son unique lumière : la retrouver.
S'enfuyant un soir de Noël, il trouve refuge sur la côte bordelaise, à bord d'une épave échouée, écrit chez lui des lettres enflammées qui restent sans réponse. Et c'est là-bas, sur le bateau dont il a fait sa maison, que va se produire entre Nicole et son fils une scène poignante de re-connaissance mutuelle - qui est aussi le dernier épisode de leurs noces barbares.
C’est un magnifique roman, la quête déchirante de l’amour maternel par un enfant rejeté.
L’histoire est poignante et je regrette d’avoir attendu si longtemps pour lire ce livre.
« C’était affolant, ce corps dans son corps, ces deux cœurs emmurés, ce duel aveugle au plus noir du sang. »
« Il avait l’impression s’il fermait les yeux qu’allait mourir cette apparition, que plus jamais ne marcherait dans son regard un homme inconnu dont il eût suffi qu’il se retournât pour lui sauver la vie. »
NIMIER, Marie - La Reine du silence
Mon père a trouvé la mort un vendredi soir. Son Aston Martin s'est écrasée contre le parapet d'un pont. Je n'étais pas dans la voiture. J'avais 5 ans. De lui, il me reste peu de souvenirs, et quelques trésors : une montre qui sonne les heures, un stylo dont la plume penche à droite et cette carte postale, où il me demandait en lettres capitales : que dit la reine du silence ? Cette phrase posait une énigme impossible à résoudre pour la petite fille que j'étais, énigme cruelle et envoûtante qui résume toute la difficulté du métier d'enfant. Enigme qui, à l'époque, se formulait ainsi : Que pourrait bien dire la Reine du silence sans y perdre son titre, et l'affection de son papa ? Ou encore : comment, à la fois, parler, et ne pas parler ? J'étais coincée. Prise au piège de l'intelligence paternelle.
Marie Nimier ose avec ce nouveau livre s'attacher à la figure de son père, Roger Nimier. Elle explore l'amas de tôles froissées, interrogeant avec gravité le destin de cet écrivain que ses amis décrivent tour à tour, et parfois simultanément, comme un être désinvolte, sérieux, menteur, loyal, tendre, indifférent et malhabile de ses sentiments comme on est maladroit de ses mains.
Je n’ai pas vraiment apprécié ce livre, je l’ai survolé sans parvenir à m’attacher à l’histoire (vraie).
Peut-être était-ce mon état d’esprit à ce moment-là, je ne saurais pas l’expliquer mais tout ça a glissé sur moi et même si le livre n’est pas désagréable à lire, je n’y ai pris aucun plaisir…
« C’est quoi ce son, papa, ces deux négations collées, quoi ces cris que l’on entend de loin ? »
FRANÇOIS, Annie – Bouquiner
Résumé : Dis-moi comment tu lis, je te dirai qui tu es. Tel est le petit jeu, apparemment anodin, auquel se livre Annie François. Car le plaisir de lire est un plaisir sensuel autant qu’intellectuel. Des simples habitudes de lecture aux tics dans lesquels chacun se reconnaîtra, le bonheur de « bouquiner » est magnifiquement mis en lumière par une bibliovore passionnée, espiègle et tendre.
Effectivement, chaque lecteur se reconnaît dans cette description. On découvre même des habitudes dont on n’avait même pas conscience.
Une ode à la lecture et aux livres très agréable, une bonne idée de cadeau aux gens qui aiment lire.
Celui ci, je l'ai noté depuis quelques temps. Il a l'air très sympathique.
C'est vrai qu'il est vraiment très agréable. Il donne envie de continuer à lire...
COHEN, Albert – Belle du Seigneur
Résumé : Ariane, jeune aristocrate protestante, a épousé Adrien, un petit bourgeois dont Solal, juif séducteur, est le responsable hiérarchique. Solal voudrait qu'elle l'aime vieux et laid. C'est sous l'apparence d'un vieillard édenté qu'il essaie de la séduire. Pour satisfaire son ambition, Adrien va tout faire inconsciemment pour favoriser leurs amours. Irrésistible, Solal l'est et Ariane succombe.
4ème de couverture : " Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d'eux seuls préoccupés, goûtaient l'un à l'autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d'être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s'admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante exceptionnelle femme aimée parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvées, qui lui murmurait qu'ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà, oui, c'était cela, amoureux, et il lui murmurait qu'il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu'ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu'ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d'elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs, oui, tous les soirs ils se verraient ".
Ariane devant son seigneur, son maître, son aimé Solal, tous deux entourés d'une foule de comparses : ce roman n'est rien de moins que le chef-d'œuvre de la littérature amoureuse de notre époque.
Un peu plus de 1000 pages qui se lisent selon moi très facilement tellement on est pris par l’histoire d’amour passionnée, passionnante et à la fois pathétique d’Ariane & Solal.
Albert Cohen sort des sentiers battus en nous décrivant une histoire d’amour atypique, deux personnages prisonniers du bel amour qu’ils ont eux-mêmes souhaité.
Je ne m’attendais pas du tout à cette évolution des personnages et le roman m’a tenue en haleine jusqu’à la fin même si je ne voyais pas d’autre issue que celle réservée par l’auteur.
Par contre, les monologues de plusieurs pages sans ponctuation peuvent rebuter mais ils donnent également un rythme à l’histoire et permettent de rentrer au plus profond de la psychologie des personnages en particulier de Solal.
Une adaptation cinématographique est prévue « prochainement », je suis pressée de voir ce que ce magnifique roman donnera en images…
« Traînant derrière elle des serpentins lancés, lentes algues de toutes couleurs, elle détachait parfois sa main pour rajuster sa coiffure et n’y parvenait pas, oh tant pis, et puis son nez brillait peut-être, oh tant pis puisqu’elle était sa belle, puisqu’il le lui disait. La belle du seigneur, se disait-elle, souriant aux anges. »
« Allons, vite, lui parler, ne plus rester devant cette fenêtre. Mais de quoi lui parler, de quoi ? Ils s’étaient tout dit, ils savaient tout l’un de l’autre. Ô les découvertes des débuts. C’était parce qu’ils ne s’aimaient plus, diraient des idiots. Il les foudroya du regard. Pas vrai, ils s’aimaient, mais ils étaient tout le temps ensemble, seuls avec leur amour.
Seuls, oui, seuls avec leur amour depuis trois mois, et rien que leur amour pour leur tenir compagnie, sans autre activité depuis trois mois que de se plaire l’un l’autre, n’ayant que leur amour pour les unir, ne pouvant parler que d’amour, ne pouvant faire que l’amour. »
Depuis que j'ai lu "La foire aux vanités", j'ai envie de me plonger dans un autre pavé. "Belle du seigneur" me fait de l'oeil depuis quelques temps. Il a l'air tout aussi passionnant que le roman de Thackeray, à voir ton enthousiasme ;)
J'espère qu'il va te plaire autant qu'à moi !!! En tous cas, après avoir lu ta critique, j'ai rajouté La foire aux Vanités à ma liste de livres à lire...
J'avais tellement adoré
que enceinte de 6 mois, alors que je résumais le livre à mon mari, il y a un éclair de génie entre nous deux, l'un de ces moment magique où l'on a pas besoin de se parler pour se comprendre : Notre fils aîné a 12 ans et il s'appelle... SOLAL!!!
Je te comprends, moi j'ai eu 2 filles mais en le lisant, j'ai demandé à mon mari au cas où on aurait un garçon un jour si il voulait qu'on l'appelle Solal... Mais il veut pas... :-/
DELAUME, Chloé – J’habite dans la télévision
4ème de couverture : Ce que nous vendons à Coca-Cola c'est du temps de cerveau humain disponible. Chloé Delaume a voulu comprendre en quoi consistait la mise en disponibilité mentale des téléspectateurs. Durant 22 mois, du lever au coucher, elle s'est faite "sentinelle" de la télévision, devenant son propre sujet d'étude, se soumettant aux flux de messages médiatiques et publicitaires, ingurgitant Le maximum de programmes de divertissement, téléréalité surtout, pour en ramener " des informations du réel". A travers cette expérience limite, la narratrice décrypte sa mutation en cours: cerveau et corps se modifient inéluctablement. Quand l'humain n'est plus qu'un outil au service de " la fiction collective ".
J'habite dans la télévision est un puzzle où chaque pièce pullule de références, de propos télé-rapportés, appliquant au discours du neuro-marketing une grille de lecture singulière, dont la lucidité a parfois des accents paranoïaques. L'humour de Chloé Delaume sédimente ce texte et invite chacun à s'interroger sur la marge de manoeuvre de son libre arbitre.
Ah que c’est bon d’avoir fini ce livre !!! Enfin, je vais pouvoir lire quelque chose d’intéressant…
Je m’attendais à une sorte d’étude sur la télévision et son influence sur nous, je n’ai eu droit qu’à des vérités dites et redites (la publicité fait consommer, la télévision « abrutit »…) entrecoupées de faits historiques apparemment sans rapport entre eux et de jargon scientifique.
Bref, tout ce que m’a procuré ce livre, c’est de l’ennui et de l’agacement…
ROTH, Philip - La tache
A la veille de la retraite, un professeur de lettres classiques, accusé d’avoir tenu des propos racistes envers ses étudiants, préfère démissionner plutôt que de livrer le secret qui pourrait l’innocenter.
Tandis que l’affaire Lewinski défraie les chroniques bien-pensantes, Nathan Zuckerman ouvre le dossier de son voisin Coleman Silk et découvre derrière la vie très rangée de l’ancien doyen un passé inoui, celui d’un homme qui s’est littéralement réinventé, et un présent non moins ravageur : sa liaison avec la sensuelle Faunia, femme de ménage et vachère de trente-quatre ans, prétendument illettrée, et talonnée par un ex-mari vétéran du Vietnam, obsédé par la vengeance et le meurtre.
Après Pastorale américaine et J’ai épousé un communiste, La tache, roman brutal et subtil, complète la trilogie de Philip Roth sur l’identité de l’individu dans les grands bouleversements de l’Amérique de l’après-guerre, où tout est équivoque et rien n’est sans mélange, car la tache « est en chacun, inhérente, à demeure, constitutive, elle qui préexiste à la désobéissance, qui englobe la désobéissance, défie toute explication, toute compréhension. C’est pourquoi laver cette souillure n’est qu’une plaisanterie de barbare et le fantasme de pureté terrifiant. »
J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman. L’intrigue est assez longue à démarrer mais une fois que l’auteur aborde l’histoire de Coleman Silk, j’ai été happée par le personnage.
Les personnages dits « secondaires » sont également très complexes et subtils à la fois. Aucune histoire personnelle n’est laissée de côté ce qui permet au lecteur de se sentir au cœur du roman.
HENDERSON, Lauren - L'indispensable petite robe noire
Sam Jones en a fini avec les années difficiles. Sa dernière sculpture, un énorme mobile, va même orner le hall majestueux de l’une des plus grandes banques de la City. Et ce soir, Sam, vêtue de sa petite robe noire en latex et chaussée de talons hauts, séduit tout le gratin de la jet-set version haute finance.
Soirée débordante de champagne, golden boys délicieux, tout va pour le mieux jusqu’à ce que l’œuvre de Sam s’écroule sur un jeune homme. Finie l’artiste, voici la détective, plongeant dans ce monde falsifié où l’on cache le pire. La charmante enquêtrice devra troquer ses escarpins pour des baskets, mais elle saura faire éclater la vérité, aussi immorale soit-elle.
Mi chick-lit, mi policier, ce roman est agréable à lire. L’héroïne n’est pas caricaturale, assez sympathique. L’écriture est légère, distrayante.
Je crois que Lauren Henderson a écrit un autre roman mettant en scène son héroïne. Je pense que je le lirai avec plaisir à l’occasion.
ECO, Umberto - Le nom de la rose
Rien ne va plus dans la Chrétienté. Rebelles à toute autorité, des bandes d'hérétiques sillonnent les royaumes et servent à leur insu le jeu impitoyable des pouvoirs.
En arrivant dans le havre de sérénité et de neutralité qu'est l'abbaye située entre Provence et Ligurie, en l'an de grâce et de disgrâce 1327, l'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville, accompagné de son secrétaire, se voit prié par l'Abbé de découvrir qui a poussé un des moines à se fracasser les os au pied des vénérables murailles.
Crimes, stupre, vice, hérésie, tout va alors advenir en l'espace de sept jours.
Le Nom de la rose, c'est d'abord un grand roman policier pour amateurs de criminels hors pair qui ne se découvrent qu'à l'ultime rebondissement d'une enquête allant un train d'enfer entre humour et cruauté, malice et séductions érotiques.
C'est aussi une épopée de nos crimes quotidiens qu'un triste savoir nourrit.
Bon alors là je ne sais pas trop quoi dire…
J’ai lu le livre en entier mais j’avoue ne pas avoir bien tout compris, surtout que je ne suis pas une grande fn d’histoire… Certains passages sont assez indigestes, notamment ceux qui concernent la chrétienté du 14ème siècle.
Du coup, je n’arrive pas vraiment à émettre d’avis sur le livre. N’arrivant pas à m’attacher au contexte : des moines, une abbaye, des discussions théologiques compliquées (à mon goût), j’ai essayé de m’intéresser davantage à l’intrigue policière mais elle est tellement noyée dans le reste de l’histoire que ça ne m’a pas plus accrochée.
Sans avoir détesté, je ne pense pas que je conseillerais ce livre… Par contre, cela m’a donné envie de voir le film qui sera certainement beaucoup plus accessible pour moi.
Moi aussi
je n'ai pas vraiment aimé le livre, j'ai trouvé le film beaucoup plus accessible.
Bon ça me rassure
Je me demandais vraiment si je n'étais pas trop "fermée". Mais maintenant je suis pressée de voir le film dont je n'ai entendu que de bonnes critiques...
JAMES, P.D. – La Salle des Meurtres
Cette nouvelle intrigue concoctée par P.D. James se déroule dans le huis clos d’un petit musée londonien, le Dupayne, dédié aux années de l’entre-deux guerres, véritable enclave de verdure et de calme située à la lisière du parc de Hampstead Heath. Administrée par les trois enfants de son fondateur, Max Dupayne, cette institution rencontre des difficultés financières, et l’un des fils, Neville, psychiatre de son état, hésite à donner une nouvelle fois son aval à la reconduction du bail. Aussi, quand on retrouve son corps carbonisé dans l’enceinte de l’établissement, est-ce tout naturellement sur les responsables et le personnel du musée que se portent les soupçons du commandant Adam Dalgliesh, dépêché sur les lieux.
Qui a pu souhaiter la mort du médecin ? Son frère Marcus et sa sœur Caroline qui, eux, tiennent absolument à ce que le Dupayne reste ouvert ? Le conservateur, James Calder-Hale, dont on apprend qu’il a des liens avec les services secrets du MI-5 ? Les deux employées modèles, Tally Clutton et Muriel Godby, qui se dévouent corps et âme à cette institution ? L’affaire se complique lorsqu’un deuxième corps est retrouvé, cette fois dans l’une des salles du musée, précisément celle consacrée aux meurtres célèbres des années 1930…
Après en avoir vu traîner pendant des années dans les bibliothèques de mes parents, je me suis enfin décidée à lire un roman de P.D. James…
Je ne suis pas déçue, j’aime beaucoup le style, il me rappelle un peu celui de Ruth Rendell dont je suis une grande fan.
Les personnages sont consistants, attachants et humanisés. Le contexte est parfaitement décrit, on sent que l’auteur s’est documenté afin de pouvoir placer son intrigue dans un cadre réaliste.
Comme c’est un auteur très prolixe, je pourrais toujours me tourner vers ses autres romans quand je n’aurai plus rien à lire…
GAGNOL, Alain – La femme patiente
Camille a connu beaucoup de femmes dans sa vie mais aucune ne ressemblait à Claire. Il la trouve un soir, plantée sur le trottoir, devant chez lui. Claire ne dit rien, ne fait rien, elle se contente de rester là. Les jours et les nuits passent et il ne sait pas ce qu’elle lui veut.
L’entourage de Camille lui conseille de se méfier. On commence à la soupçonner d’être un peu folle. Malgré tout, la méfiance de Camille fait peu à peu place à une certaine attirance. Mais cette fascination est-elle le début d’un véritable amour qui dépasserait les conventions sociales et les préjugés ? à moins que le pouvoir hypnotique de cette jeune femme à la patience et à la volonté surhumaines ne cache un effroyable secret.
Ce roman noir, angoissant et passionnant à la fois est mené de main de maître.
C’est un livre qui se lit très vite, je l’ai dévoré en moins de 2 heures. Une fois ouvert, on est obligé d'aller jusqu'au bout.
Le style est simple, direct. Le récit est touchant, parfois oppressant et on vit avec Camille cette étrange et angoissante histoire.
J’ai vraiment beaucoup aimé, un vrai coup de cœur !
BERLEAND, François - Le Fils de l'Homme Invisible
«Je m'appelle François Berléand, j'ai presque onze ans, je ne prends pas la parole sans y avoir été invité par un adulte, je mange de tout, mais je n'ai pas une grande passion pour les carottes râpées, les endives et les épinards. Je ne pose pas spécialement de problèmes. Dans ma chambre j'ai un piano, une radio, un bureau et une grande armoire en teck. Et je suis le fils de l'homme invisible.»
Un soir d'hiver, dans la famille Berléand, le père de François, qui a sans doute abusé de la vodka, déclare à son fils : «De toute façon, toi, tu es le fils de l'homme invisible.» Cela ne fait rire personne autour de la table, et personne ne vient démentir le père de François. C'est le début d'une singulière et terrible histoire d'enfance et d'adolescence, chahutée tout d'abord, puis brisée peu à peu par ce faux secret qui n'est qu'une mauvaise blague. Au début, c'est très amusant d'être le fils de l'homme invisible, mais, dès lors qu'on se met à y croire, cela peut devenir angoissant, poignant, tragique. Ainsi les années de lycée du petit François se déroulent-elles dans ce climat tragi-comique où, inexorablement, la peur de l'enfant s'installe : il est différent des autres, sûrement pas très normal, peut-être mongolien. Ses parents le lui ont toujours caché pour ne pas lui faire de la peine. Voilà des années que, d'interview en interview, François Berléand raconte sa drôle d'histoire. Il aura attendu le temps et le recul nécessaires pour l'écrire enfin.
Ce récit est bouleversant. L’enfance du petit François a été complètement chamboulée par une mauvaise blague et l’incompréhension qui en a découlé.
Toute son adolescence s’est construite sur des suites de malentendus. Il se sent mal, inadapté au système. Par moments, il m’a fait penser à l’Antoine Doinel de François Truffaut dans Les 400 coups.
Le livre est réellement touchant, on voudrait intervenir pour que cessent tous ces quiproquo tristement comiques.
« Car c’était ça, ma vie, une tricherie. Je venais d’en avoir la preuve. »
ZWEIG, Stefan - Balzac Le Roman de sa vie
La vie de Balzac est un prodigieux roman. Accablé de dettes, immergé dans un titanesque labeur d'écriture, mort à cinquante et un ans, juste après son mariage avec celle qu'il avait si longtemps attendue, le romancier de La Comédie humaine incarne un mythe, celui du créateur rivalisant avec Dieu, et foudroyé comme Prométhée...
Loin d'être au second plan dans l'oeuvre de Stefan Zweig, cette biographie, publiée après sa mort, l'occupa dix années durant. Et c'est toute son expérience d'homme et d'écrivain que résume l'auteur d'Ivresse de la métamorphose dans cette passionnante évocation de Balzac en qui il voyait l'un des phares de la littérature européenne.
Comme je n’avais jamais lu un roman de Balzac et que Stefan Zweig faisait partie des « auteurs à découvrir » de mon Challenge, j’ai décidé de me tourner vers la biographie de Balzac qu’il a écrite, ou plutôt qui a été finalisée après sa mort par son éditeur à l’aide de ses notes.
Honoré de Balzac a vraiment eu une vie passionnante et tumultueuse. C’est un homme qui a passé sa vie à travailler à son « Œuvre » -travail de titan qui lui a coûté la vie et qu’il n’a même pas achevé car il lui restait selon ses plans encore une cinquantaine de romans à écrire pour achever La Comédie Humaine- et dans le même temps à poursuivre sa quête de la richesse ; tentatives infructueuses car il a été, de l’âge de 20 ans à sa mort, couvert de dettes.
Balzac le Génie n’a pas su écrire le roman de sa vie aussi parfaitement que ses innombrables romans qui sont restés dans l’Histoire.
Tout cela m’a donné envie de découvrir les œuvres de Balzac mais aussi de lire un autre livre de Stefan Zweig car je ne suis pas sure que cette biographie soit représentatrice de son style.
« Et là où Balzac met en jeu sa volonté, il fait surgir, d’un grain de poussière, l’infini. »
« Rien ne saurait plus l’ébranler depuis que le plan est là, et la force, pour une œuvre dont il sait qu’un seul homme a eu l’audace de l’esquisser et qu’un seul homme est capable de la dominer : lui. »
KAFKA, Franz - La métamorphose
Lorsque Gregor Samsa s’éveille un matin, après une nuit agitée, il doit se rendre à l’évidence : il est bel et bien métamorphosé. Doté d’une épaisse carapace d’où s’échappent de pitoyables petites pattes. Lugubre plaisanterie ? Hélas ! Plutôt une ultime défense contre ceux qui, certes, ne sont pas des monstres, mais de vulgaires parasites. Les siens en somme – père, mère, sœur -, dont l’ambition est de l’éliminer après avoir contribué à l’étouffer.
Une nouvelle courte et agréable à lire. Une belle métaphore littéraire sur le mal de vivre et la solitude…
XENAKIS, Françoise - Mouche-toi, Cléopâtre...
Clin d’œil ? Provocation ? Ce titre surprend. Allez imaginer que les personnages de légende aient du se moucher comme vous et moi… A plus forte raison quand il s’agit de Cléopâtre, reine et déesse, épouse de son frère Ptolémée, de Jules César, de Marc-Antoine. Cléopâtre qui voulait changer la face du monde…
Et pourtant, oui, ce livre nous raconte Cléopâtre, adolescente, amante et mère. La fin d’un empire et la vie d’une reine orgueilleuse et passionnée, trahie par des hommes qui ne la valaient pas. Et cette histoire, trop souvent racontée, réussit encore à nous surprendre.
A nous faire rire, car Cléopâtre a la verve et l’humour impitoyable de Françoise Xénakis. A nous étreindre le cœur aussi. Et plus jamais Cléopâtre n’aura pour nous le visage figé d’une star d’Hollywood…
Cléopâtre prend vie ici et nous apparaît comme une femme ambitieuse certes mais aussi une femme intelligente, aimante : Jules César, Marc-Antoine et surtout Césarion, son fils, pour lequel elle a mené toutes ses batailles.
On se laisse promener avec plaisir au fil des amours et des guerres de Cléopâtre, toujours inextricablement liés.
L’histoire connue de tous de la reine Cléopâtre prend ici une saveur nouvelle.
TALLIS, Franck - La justice de l'inconscient
En ce début de XXe siècle à Vienne, où l'on peut croiser Freud, SchSnberg, Klimt et bien d'autres encore, les cafés sont le lieu de débats fiévreux. C'est dans cette atmosphère d'effervescence artistique et scientifique que Max Liebermann, jeune psychiatre et pianiste à ses heures, mène ses enquêtes avec son ami Oskar Rheinhardt, inspecteur et... chanteur lyrique amateur. Et ils vont avoir fort à faire avec le cas de cette jeune et jolie médium retrouvée morte chez elle dans une pièce fermée de l'intérieur. Une note griffonnée de ses mains laisse penser à un suicide. Pourtant, les indices déroutants s'accumulent : l'arme du crime, un pistolet, a disparu, et aucune trace de la balle n'est retrouvée durant l'autopsie... Serait-ce l'intervention d'un esprit maléfique ?
C’est un roman policier agréable à lire même si je me suis un peu perdue parmi tous les personnages aux noms à consonance germanique.
J’ai beaucoup aimé les références à la psychanalyse en particulier aux théories freudiennes.
La ville de Vienne au début du XXème siècle, son paysage, ses mœurs sont très bien décrits.
Par contre, je trouve que le dénouement de l’intrigue policière arrive « comme un cheveu sur la soupe » et que l’on ne suit pas assez l’avancement de l’enquête.
Cela dit, je me suis beaucoup plus attachée aux personnages principaux qu’à l’aspect « policier » du roman.
ORSENNA, Erik - La grammaire est une chanson douce
« Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t’aime.
Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps.
Il me sembla qu’elle nous souriait, la petite phrase.
Il me sembla qu’elle nous parlait :
- Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j’ai trop travaillé. Il faut que je me repose.
- Allons, allons, Je t’aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pied.
Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi.
Tout le monde dit et répète « Je t’aime ». Il faut taire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s’usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. »
Résumé : Jeanne, jeune adolescente, pourrait être la petite soeur d'Alice, l'héroïne de Lewis Carroll, précipitée dans un monde où les repères familiers sont bouleversés. Avec son frère aîné, Thomas, elle voyage beaucoup : leurs parents sont séparés et vivent chacun d'un côté de l'Atlantique. Un jour, leur bateau fait naufrage et, seuls rescapés, ils échouent miraculeusement sur une île inconnue. Accueillis par Monsieur Henri, un musicien poète et charmeur, ils découvriront un territoire magique où les mots mènent leur vie : ils se déguisent, se maquillent, se marient.
Après le naufrage, Jeanne et Thomas ont perdu leurs mots, ils sont muets et vont réapprendre à parler en apprenant à aimer les mots, en comprenant leur vie propre.
Ce récit est magique, plein de poésie, il donne envie d’aimer les mots, les phrases, de les respecter…
J’ai beaucoup aimé, malheureusement, il se lit trop vite. Dès que mes filles seront en âge de lire, je leur offrirai.
VISTOR, Barbara - L'embrasement
A la terrasse du Fouquet’s, Lexie, jeune Américaine venue disperser les cendres de son mari sur les Champs-Elysées, boit un verre. Soudain, une voiture s’arrête. Une femme et un homme en sortent. Tandis que l’homme s’éloigne, la femme se dirige vers Lexie et lui confie le bébé qu’elle tient dans les bras. Peu après, une bombe explose : attentat kamikaze. Lexie s’éloigne avec l’enfant. Rémy, agent secret, assis lui aussi à la terrasse, a tout vu. Il sait que l’homme qui est sorti de la voiture est Andréas, fils d’un richissime milliardaire saoudien et marié à la sœur d’un homme d’affaires suisse tout-puissant connu pour ses liens avec les etrroristes et le blanchiment d’argent.
Un roman d’ « action » qui ne laisse aucun temps mort. Il y a tous les ingrédients pour passer un bon moment : des personnages beaux et fragilisés par la vie, une romance, un bébé et un dénouement attendu… Peut-être que cela manque un peu de noirceur tout de même…
SHAKESPEARE, William - Le songe d'une nuit d'été
C'est une histoire complexe dont l'action se déroule en Grèce et réunit deux couples de jeunes amants, Lysandre, Demetrius, Hélèna et Hermia. Hermia veut se marier à Lysandre, mais son père, Egée, veut qu'elle se marie à Demetrius, dont est amoureuse Hélèna. Lysandre et Hermia s'enfuient dans la forêt, poursuivis par Demetrius, qui est lui-même poursuivi par Hélèna. Pendant ce temps-là, Oberon, roi des fées, a ordonné à Puck de verser une potion sur les lèvres de sa femme, Titania. Il entre dans la forêt avec Puck. Pendant la nuit, la confusion règne. La scène la plus connue est l'apparition de Bottom, qui porte une tête d'âne, avec Titania, qui par la magie de Puck en est tombée amoureuse.
C’était la 1ère fois que je lisais une pièce de Shakespeare et je m’attendais à quelque chose de fastidieux. J’ai été agréablement surprise, la pièce se lit vite, c’est une parenthèse féerique. On est transporté dans un monde où les Hommes côtoient les Elfes et les Fées sans même se rendre compte de leur existence. Très joli conte, j’ai adoré…
UDALL, Brady - Le destin miraculeux d'Edgar Mint
Un enfant de sept ans est élevé par sa mère apache alcoolique et sa grand-mère un peu loufoque. Le même gamin se fait rouler sur la tête par la Jeep du facteur un après-midi d'été tandis que sa mère cuve ses bières sous un arbre. On le croit mort, il est sauvé in extremis par un docteur sans scrupule. Une fois sorti du coma, Edgar commence ainsi une seconde vie dans un hôpital, et découvre ses nouvelles facultés émotives et sensorielles. Car l'accident lui a laissé en plus des séquelles indélébiles, une formidable acuité à décrypter la frénésie et l'incohérence du monde qui l'entoure. Poursuivi sans relâche par son sauveur de médecin devenu dealer et un complice junky, il se retrouve dans un pensionnat pour jeunes Indiens délinquants.
Dernier livre de mon Challenge ABC 2007.
Je me suis régalée avec ce livre. L’histoire n’offre aucun temps mort, les rencotnres et péripéties qui émaillent la vie d’Edgar sont touchantes, les personnages profondément humains.
Brady Udall écrit très bien, c’est un régal de lire ses mots. Il alterne souvent la narration à la 3ème personne et la narration à la 1ère personne, souvent dans le même paragraphe, ce qui permet d’avoir un point de vue extérieur et à la fois très personnel.
Un vrai coup de cœur.
« Et, la main dressée vers le ciel, je clignerai des yeux, émerveillé par cette lumière comme un homme ressuscité d’entre les morts. »
Bilan
2 mois après la fin de mon Challenge, je peux faire le point sur ce qu'il m'a apporté :
- déjà j'ai pu lire d'autres genres que ceux que je lis habituellement, à savoir de la littérature contemporaine et des romans policiers
- j'ai découvert (oh bonheur !!!) des auteurs dont je vais maintenant dévorer les oeuvres complètes comme Paul AUSTER, Yann QUEFFELEC ou Philip ROTH
- j'ai aussi appris que je n'étais pas fan de John IRVING (et c'est un euphémisme) mais comme je ne veux pas me baser sur une seule impression, j'essaierai quand même de lire La Quatrième Main
Voilà pour moi, je continue à suivre les critiques pour pouvoir allonger ma LAL et j'espère recommencer l'an prochain.
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