12 septembre 2007
La liste de Laurence
Cela fait bien longtemps que je vous vois avec vos listes du challenge ABC... Mais n'aimant pas les contraintes de lectures, je m'étais bien gardée de m'inscrire.
Sauf qu'il y a deux jours, j'ai fait un petit calcul : avec tout ce que j'ai lu cette année, cela aurait été un comble si je n'avais pas, sans le
vouloir bien, avancé cette liste... Et effectivement : si je compte bien, il n'y a que 5 lettres, donc auteurs, qui ne sont pas complétées.
Je vais donc essayer de réparer cela d'ici la fin de l'année. En attendant, voici ma "challenge liste" d'auteurs découverts cette année (pour la plupart des lettres, j'ai fait le tri pour ne garder qu'un titre) . ;-)
A
B
C
D
E
F
G
H
I
J
K
L
M
N
O
P
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
Z
J'ai mis en commentaire mes rapides impressions sur chaque titre, mais vous pourrez lire la globalité des articles en cliquant sur les liens. :-)
Commentaires
A comme Atkinson "La souris Bleue"
J'ai malheureusement été assez déçue par ce roman... Trop de circonvolutions inutile à mon goût. L'auteure se complaît dans les parenthèses à répétition et perd son lecteur. J'ai gardé une impression de fouilli assez désagréable.
Dans la lettre A, j'ai aussi découvert Alfred & Topor Roland - Café panique. Mais je ne l'ai pas mis dans la liste puisqu'il s'agit d'un album et non d'un roman. S'inspirant d'une nouvelle de Rolan Topor, Alfred réussit un très beau travail de mise en couleurs et images.
B comme Banks "Le pourfendeur de nuages"
Ma lecture la plus longue de l'année puisqu'il m'a bien fallu deux semaines pour arriver à bout de ces 800 pages.
Il y a d'abord cette chronique de la vie paysanne américaine de la fin du 19° siècle.
La vie y était difficile, les faillites fréquentes. On suit le parcours chaotique de Brown père, modeste tanneur et agriculteur, qui voulut s'enrichir pour assurer le bien-être des siens. Les emprunts, trop nombreux, les projets trop ambitieux...
John Brown accumule les échecs financiers.
Mais le cycle de la vie poursuit son cours, et Russell Banks dépeint le labeur de ces hommes de la terre. Sans oublier les femmes et leur lot de fausses couches et d'enfants morts prématurément. On réalise alors que la perte d'un enfant, même si elle était douloureuse, n'était qu'un événement malheureusement courant à cette époque là.
Parallèlement à cet état des lieux de l'Amérique profonde du 19°, Russell Banks fait surtout le portrait d'un homme trouble et entretenant des rapports ambigus avec le religion.
Et la lutte contre l'esclavagisme dans tout ça ? Et bien plus le récit avançait, plus je me disais que ce n'était qu'un moyen pour John Brown de laisser s'exprimer son fanatisme religieux.
En effet, non seulement son attitude face aux noirs est bien souvent paternaliste et condescendante, mais les assassinats de quelques esclavagistes ressemblent plus à une boucherie laissant libre cours à la folie et aux frustrations accumulées, qu'à la mise en pratique d'une idéologie quelconque.
Alors même si il y a beaucoup de longueurs, que le récit se perd en digressions interminables et que j'aurais préféré qu'il fasse bien deux cents pages de moins, je ne regrette pas d'avoir tenu bon. Il fait pour moi partie de ces livres qui ne nous exaltent pas mais nous enrichissent et nous grandissent.
Depuis, j'ai lu avec beaucoup de plaisir "TrailerPark" et "L'ange sur le toit"
Dans mes autres découvertes à la lettre B, il y avait aussi : Benacquista Tonino (Quelqu'un d'autre) Bingham Sallie (Libertinages)
Bobin Christian (Geai) Bolduc Charles (Les perruches sont cuites) Bohringer Richard (tous ses romans) Brasme Anne-Sophie (Respire ) et
Buzzati Dino (Le désert des Tartares)
A part Anne-Sophie Brasme, la lettre B fut à la hauteur de mes espérances. Dans des styles très différents, tous ces romans m'ont marquée positivement.
C comme Coloane "Le dernier mousse"
Un très joli roman d'apprentissage pour les grands et les moins grands. A bord du Baquedano, qui effectue son ultime voyage, nous suivons le jeune Alejandro, le dernier mousse. Ayant lu "Le bout du bout du monde" de Sepulveda l'année passée, j'ai compris que le roman de Coloane avait sans doute inspiré Sepulveda. On part à la découverte des mers du grand sud avec plaisir et inquiétude.
Dans mes autres découvertes à la lettre B, il y avait aussi :Camilleri Andrea (L'opéra de Vigàta) : très drôle et totalement déjanté.
Castillon Claire (Insectes) : j'ai détesté
Cauchy Nicolas (La véritable histoire de mon père) : j'ai aimé détester le protagoniste.
Cauweleart Didier van (Un aller simple et La demi-pensionnaire) : je suis touchée par la tendresse et l'humour acide de cet auteur.
Constantine Barbara (Allumer le chat !) : je suis restée assez insensible à l'humour de ce roman.
Cowan Andrew (Ce que je sais) : je n'ai pas aimé.
D comme Djemaï "Le nez sur la vitre"
Un texte court mais très fort sur les relations père-fils; la question de la transmission et des racines. J'ai beaucoup aimé l'élégance d'écriture de l'auteur.
Dans mes autres découvertes à la lettre D, il y avait aussi :
Dannemark Francis (Le grand jardin) : je suis restée sourde à la musique de l'auteur.
Delobre Luce (Journal d'une étourdie) : un premier roman prometteur mais une fin assez décevante.
Dollinger Mary (Au secours Mrs Dalloway !) : une comédie sans prétention, rafaîchissante.
Dubois Jean-Paul (Les poissons me regardent et Hommes entre eux) : dans ces deux romans, l'auteur dépeint parfaitement les relations masculines, faite de tendresse inavouable et de rivalité.
E comme Ernaux "La place"
Dans ce texte autobiographique, l'auteure part à la recherche de son père qui vient de mourir. Elle réalise "la place" que chacun tente ou croit occuper dans la société. Un roman tout en pudeur.
Pas d'autre découverte pour la lettre E
F comme Fornia "Dernière morsure"
Ariane Fornia, avec une étonnante maturité pour son âge, nous livre des chroniques acerbes sur l'adolescence. C'est un vrai régal et l'on ne peut s'empêcher de rire tant les situations sont bien retranscrites. Ariane Fornia a le talent d'une portraitiste au regard mordant mais jamais méchant.
Même si les 3 derniers chapitres sont en-dessous du reste du roman, cela ne gâte en rien tout ce qui précède. Laissez-vous séduire par l'humour féroce d'une adolescente...
Dans mes autres découvertes à la lettre F, il y avait aussi :
Faletti Giorgio (Je tue) : un thriller efficace.
G comme Glowacki "Antigone à New York"
Un pièce de théâtre qui revisite le mythe d'Antigone que j'aime tant.
L'action est donc transposée à New-York au 20° et Antigone est SDF. L'auteur, immigré Polonais, s'éloigne des problématique habituelles du mythe et réussit avec talent à nous parler du rêve américain tant convoité mais jamais atteint.
Dans mes autres découvertes à la lettre G, il y avait aussi :
Gamboa Santiago (Perdre est une question de méthode)
Gaudé Laurent (Dans la nuit Mozambique)
Graff Laurent (Le cri)
Guéna Pauline (Pannonica)
Guillot Bertrand (Hors jeu)
Deux déceptions : Hors Jeu et Perdre est une question de méthode
Pour les autres titres, de vrais coup de cœur !!!
H comme Haddad "Le principe du tire-bouchon"
Une course contre la montre qui nous fait remonter jusque dans l'antiquité pour tenter de comprendre la théorie de la relativité !
Quelques longueur, mais un roman passionnant dans l'ensemble, car il a permis à la littéraire que j'étais de comprendre des principes scientifiques complexes. :)
Dans mes autres découvertes à la lettre H, il y avait aussi deux autres titres que j'ai beaucoup aimés :
Hanff Helen (84 charing cross road)
Hemingway Ernest (Le vieil homme et la mer)
J comme Janicot "Le privilège des rêveurs"
C'est le premier roman que je lis de cette auteure et ce fut pour moi une véritable révélation. Stéphanie Janicot nous embarque avec elle dans la destinée de ses trois protagonistes. Les rêves ne sont jamais tout à fait ceux que l'on croit...
Il y a dans l'écriture de Stéphanie Janicot une tendresse qui réussit à vous transporter malgré la brutalité des parcours. Un joli coup de cœur.
K comme Kressmann Taylor "Ainsi mentent les hommes"
Un recueil de nouvelles qui marque surtout par l'amplitude de l'écriture. Il se passe peu de choses, tout est histoire d'atmosphère, et quand on sait combien il est difficile de rendre tout cela en mots, on ne peut être qu'admiratif du talent de Kathryn Kressmann Taylor. J'ai moins aimé le second opus "Ainsi rêvent les femmes".
A la lettre K, j'avais aussi tenté "Les charmes discrets de la vie conjugale" de Douglas Kennedy, mais je ai pas été convaincue ni par l'histoire, ni par le style.
L comme Le Ninèze "La petite maîtresse d'école"
un court roman, plutôt une fable, sur les dangers de l'extrémisme. Une nouveau président français d'extrême droite vient d'être élu. Parmi ses premières décisions, on compte la suppression pure et simple de l'école. Un vieil homme va alors improviser une agora et dispenser des cours de philosophie. Très jolie découverte.
A la lettre L il y avait aussi Las Vergnas Olivier (Romanesque 2.0), mais j'aurai mieux fait de m'abstenir de cette lecture plus que décevante.
Merci Laurence
pour cette présentation.
Il va me falloir un peu de temps pour lire tous tes commentaires, mais, promis, je le ferai :-)
M comme Marc "Le maudit"
J'ai découvert cette auteure dans le cadre du Prix Biblioblog et je n'ai pas été déçue. Dans ce roman, écrit à 17 ans, Myrielle Marc crée un univers féodal intriguant et inquiétant. Un histoire sur l'amitié qui transcende toutes les difficultés et les épreuves. Un lecture facile et prenante.
Dans mes autres découvertes à la lettre M, il y avait aussi :
Mallea Eduardo (Chaves) : étonnant !!
Marienské Héléna (Rhésus) : très déçue
Morel de Sarcus Christian (Déluges) : un portrait de femme complexe et attachant malgré une couverture repoussante.
N comme Nicklaus "Une coïncidence inévitable"
Je n'ai pas aimé ce roman, trop fleur bleu pour moi... Une histoire d'amour sur fond de quête spirituelle. Bof, bof... Et puis le graphisme de la couverture est absolument atroce. Sûrement une de mes grandes déceptions de l'année...
@Meria
De rien ! Il faut dire que j'ai pas mal de retard à rattrapper :-D Mais tu vois,je joue le jeu. ;-)
O comme Ogawa "L'annulaire"
Que ce récit est étrange !! Je suis restée subjuguée par le parcours de la narratrice sans vraiment trop comprendre où l'auteur voulait nous emmener. En refermant le livre, je n'étais toujours pas sûre d'avoir tout compris, mais j'ai aimé cet univers totalement surréaliste.
P comme Paronuzzi "Comme s'ils étaient beaux"
Cet année, j'ai découvert cet auteur en lisant ces trois romans : "10 ans3/4", "Comme s'ils étaient beaux" et "La lettre de Flora". C'est donc le second que j'ai choisi de vous présenter car c'est celui qui m'a le plus touchée.
Deux accidentés de la vie se croisent au carrefour de leur destin. L'américaine et le jeune frenchie ont bien plus en commun qu'ils ne pourraient le croire. Fred Paronuzzi parvient avec élégance à ne pas tomber dans l'écueil des romans à l'eau de rose. Un livre amusant et des personnages très attachants.
R comme Rezvani "Au bonheur des sphères"
Âmes sensibles s'abstenir ! Ce roman est d'une incroyable dureté. Rezvani ne nous parle ni plus ni moins de viols. Pourtant, ce ne sont pas les passages à l'acte qui sont les plus insoutenables, mais la résignation et la banalisation de cette violence.
Et puis, le plus destabilisant c'est que tout cela est merveilleusement écrit. Rezvani parvient à faire jaillir la poésie aux moments les plus abjects.
Je ne saurais que trop conseiller cette lecture, car ce très court roman fait parti de ceux qui vous hante longtemps après les avoir fini. Rezvani nous heurtent et nous oblige à nous pencher sur des problématiques tabous.
Dans mes autres découvertes à la lettre R, il y avait aussi deux déceptions :
Reysset Karine (En douce)
Rosamel Chantal (de) (Le coffre)
S comme Sigward "La fugue"
Un roman de plus sur l'adolescence et le suicide. Mais Valérie Sigward se place du côté du petit frère qui tente de comprendre ce qui a poussé son aîné à passer à l'acte. Le jeune Théo est celui qui reste mais que tout le monde semble avoir oublié. Lentement, il se rapproprie son existence. Un récit tout en retenue et finesse, sur le délicat travail de deuil.
Dans mes autres découvertes à la lettre S, il y avait aussi :
Sard Hervé (Vice repetita) : un auteur de polar à découvrir de toute urgence !
Ségur Philippe (Poétique de l'égorgeur) : j'ai beaucoup aimé ce récit déjanté.
T comme * Tiano "L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson"
Le parcours sans bruit, mais admirable, d'une femme qui a réussi à s'imposer malgré les coutumes et les traditions. Elle s'est acquise une certaine renommée grâce à sa recette du gâteau café-café, qui est aujourd'hui le fil rouge de sa mémoire.
Une lecture gourmandise, tendre sans être trop sucrée.
V comme Vorspi "Vert Venin"
Mon seul roman à la lettre V et malheureusement j'ai bien eu du mal à le finir. Sous forme de carnet de voyage, la narratrice parle de la difficulté de vivre dans un pays qui n'est pas le sien. De revenir dans son pays et d'y être encore plus étranger que sur la terre d'accueil. Malgré l'intérêt que j'ai pour cette problématique, je n'ai pas réussi à adhérer à l'écriture d'Ornela Vorpsi...
W comme Walter "Le petit livre avalé"
Je dois avouer que je n'ai pas compris l'enthousiasme de l'éditeur en 4ème de couverture. L'écriture est fragmentée, expéditive, difficile à suivre. Je n'ai absolument pas été séduite par ce roman.
Dans mes autres découvertes à la lettre W, il y avait aussi :
Westphalen Marie-Hélène (L'homme qui marche au bord du monde) : à découvrir.
Z comme Zolma "Mistral cinglant"
Jeune auteur du collectif "Krakoen", Zolma mérite d'être découvert. Son polar est très bien construit, le rythme soutenu, l'écriture très agréable et pour ne rien gâcher, son héroïne Lily Verdine est caustique à souhait.
Il me reste donc...
Et voilà, je viens de finir ce récapitulatif.
Il me reste donc les lettres :
I
Q
U
X
Y
Je note le Z
dans ma LAL, pour mon challenge 2008.
Moi aussi, j'aime bien les policiers ou les romans, qui abordent d'autres thèmes, historiques par exemple.
J'espère que tu aimeras. :)
J'aime bien sortir des sentiers battus et découvrir les parutions des micro-maisons d'édition. Il y a parfois de très belles découvertes.
D comme Djemaï Abdelkader – Le nez sur la vitre
Un très joli roman sur les relations difficiles entre père et fils. J'ai beaucoup aimé la pudeur et la douceur qui transparaissait de l'écriture d'Abdel Djemaï.
Q comme Quesemand Anne - La fiancée d'Aleph
Et voilà, il ne me restait que deux lettres pour compléter mon challenge. En allant à la bibliothèque il y a deux jours, j'ai donc pris deux romans d'auteurs que je ne connaissais absolument pas.
Hier, j'ai fini le premier : La fiancée d'Aleph d'Anne Quesemand. Il s'agit d'un dialogue philosophique sur la naissance de l'alphabet hébraïque. Un joli conte qui m'a parfois rappelé "Les histoires comme ça" de Kipling. Ce court roman pourrait très bien être destiné à des adolescents. C'est une joli réflexion sur la vie et la richesse de chaque individu.
Plus qu'un titre... :)
Je suis en train de lire le dernier ouvrage de mon challenge et devrais le finir aujourd'hui car ce recueil de nouvelles n'est pas très long. Je vous en reparlerai donc d'ici demain. :)
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