09 décembre 2007
La liste de Flo
Almeida Eugenia [novembre] *****Bismuth Nadine [novembre] *****Cercas Javier [novembre] *****Devenne François [mars] ***** Erre J.M. [février] *****Fforde Jasper [février] ***** Giraud Brigitte [novembre] *****Hesse Hermann [septembre] *****
Indridason Arnaldur
Jergovic Miljenko [août] *****
Kauffmann Jean-PaulLee Harper [août] *****Minot Susan [avril] *****
Neruda Pablo Osorio Elsa [juin] ***** Petitjean-Cerf Cypora [janvier] *****
Quarello Gina
Roth Philip
Sanchez Piñol Albert [janvier] *****Tschinag Galsan [avril] *****Urien Emmanuelle [mai] *****Villard Marc [juillet] *****Wolniewicz Claire [janvier] *****Xingjian Gao [février] *****
Yacine KatebZamiatine Evguéni [juillet] *****
Commentaires
As-tu l'intention de lire "Les chardons du Baragan" de Panaït Istrati, qui est magnifique ?
Je vais reflechir à ce challenge 2007, pourquoi pas ... je suis une passionnée de livres et de lectures ... c'est séduisant comme idée.
A bientôt
Meria : En fait, j'ai dans ma PAL, le court "Mes départs". Si cela me plaît, nul doute que je tenterai le titre que tu me conseilles !
J'espère, Marylin, que tu te joindras à nous !
Aah je vois maintenant qu'on a 3 auteurs en commun (C, J, V). J'ai lu sur ton blog pour La peau froide, ma maman l'a dans sa bibliothèque et je sais qu'elle avait apprécié, mais c'était assez étrange! : bref ce commentaire me rappelle celui que je t'avais fait pour Clara ou la pénombre!, donc on croise des doigts ;-)
Coucou Alice :)
J'avais vu et, idéalement, j'aimerais lire les mêmes livres que toi pour s'organiser un truc mais pour Lidia Jorge, j'avais plutôt en tête "Le vent dans les grues" (pas sûre du titre exact) qu'avait pas mal vanté une librairie grenobloise l'année de sa sortie et que j'avais gardé dans un coin de ma p'tite tête mais il faut que je vois de quoi ça parle. J'irais voir de quoi parle le titre que tu cites.
Pour Coloane, je crains de sécher, n'étant pas très nouvelles mais je suis motivée par le croisement de nos avis sur "Tierra del fuego". Et puis, je prends ce challenge comme l'occasion de sortir de mes petites routes habituelles, aussi variées soient-elles ;)
Quant au Pinol, je suis tellement motivée que je l'ai emprunté dimanche à la biblio de Toulouse, au moins pour le feuilleter (aucune chance d'avoir le temps de le lire dans le délai imparti à mon avis...).
Bon, j'écris n'importe quoi : tu n'as cité aucun titre... On va dire que c'est la fatigue ;)
J'ai vu que tu allais être absente courage! Je t'attendrai patiemment, j'avance lentement dans mes lectures moi aussi, vivement 2007 pour découvrir tous ces auteurs!
Pour le Jorge, le titre que je voulais lire est effectivement "Le vent qui siffle dans les grues" (je trouve ce titre magnifique).
Pour le Coloane, ce ne sont pas les nouvelles qui me font peur, c'est plutôt le genre (récits de voyages). On part sur un même pied.
En lisant ce que tu dis pour Pinol, je me dis que les auteurs vont encore changer en cours d'année!
Il reste Vila-Matas... Commencer par Le voyage vertical? aucune idée! J'attends ton avis.
Bises!
C'est vrai que l'on parle du challenge 2007, mais je ferais bien de faire le point sur mes lacunes de 2006 !! ;) Comme je viens de le noter sur mon blog, le fait de ne pas avoir de connexion va me permettre de lire plus et donc, peut-être de combler mon retard pour 2006 en arrêtant de fantasmer sur 2007 :D
Sympa de voir que l'on va pouvoir se faire des lectures communes. Pour Vila-Matas, je n'ai pas fait de recherches. Je vais voir de quoi parle le titre que tu suggères.
Bizz :)
Ca a l'air bien bizarre et donc tentant ;) Le résumé me fait penser à du Saramago (il paraît que son dernier est excellent d'ailleurs *soupir*) donc, a priori, ça marche pour moi.
Et oui, il est difficile de ne pas bifurquer en cours d'année quand tant de choses vous interpelle !! Mais c'est bien là que le bonheur d'être lectrices réside, non ? ;)
P : Petitjean-Cerf Cypora
Le musée de la sirène
Un soir, Annabelle vole la petite sirène qui nage dans l'aquarium d'un restaurant chinois et l'installe dans sa salle de bains.
Ce livre est une petite merveille, à la fois bouffée d'air pur et expérience étouffante. Avec une telle intrigue, on pourrait craindre que l'auteur finisse par s'enliser, ne sachant comment se sortir de son sujet. Or Cypora Petitjean-Cerf fait preuve d'une belle maîtrise de l'affaire même si elle aurait pu creuser un peu plus. On sent qu'elle sait où elle va et c'est très agréable. Quelques maladresses minimes émaillent ce premier roman mais c'est bien normal après tout et, de toute façon, le talent de l'auteur est largement suffisant pour nous entraîner dans cette relation ambiguë et fascinante entre Annabelle et la sirène. A lire d'une traite !
S : Sanchez Pinol Albert
La peau froide
Sur un îlot perdu de l'Atlantique sud, deux hommes barricadés dans un phare repoussent les assauts de créatures à la peau froide. Opposant civilisation et barbarie, raison et passion, lumière et obscurité, ce roman rappelle que, depuis la nuit des temps, c'est la peur de l'autre-plutôt que l'autre lui-même-qui constitue la plus dangereuse des menaces, le plus monstrueux des ennemis.
Je n'ai pas été tout à fait convaincue par le Pinol, même si c'est loin d'être un livre banal.
Le début m'a semblé effrayant, je m'imaginais très bien à la place du narrateur et je me rassurais en pensant que le narrateur avait nécessairement survécu pour pouvoir nous raconter son histoire... L'atmosphère est très étrange. La réflexion a beau être intéressante, j'ai eu du mal à comprendre tout à fait le projet de l'auteur. La démarche reste floue, presque convaincante certes, mais un peu inachevée.
C'est un livre qui vous prend et il est presque impossible de lire autre chose en parallèle. On veut à tout prix avancer dans l'histoire, voir comment la situation évolue sur cette île minuscule qui devient le centre de l'univers.
littérature hispanique
je n'aime pas trop Coloane par contre j'adore Luis Sepulveda, tous ses livres sont superbes, ils sont tous traduits en français. si vous voulez connaitre un peu plus Neruda lissez ses mémoires " Confieso que he vivido" , il existe en français mais je ne connais pas son titre exacte. et si vous n'avez pas le temps de lire , regardez " le facteur" magnifique film interpreté par Philippe NOiret qui parle de l'exile de Neruda dans son île noire. ce film est extrait de" ardiente paciencia" de Antoinio Skarmeta, un autre chilien. à vous de découvrir la littérature en espagnol. il y a de quoi lire.
Je ne connais pas trop la littérature hispanique. Les quelques titres qui figurent dans ma liste sont souvent des idées piquées sur celle d'Alice, amatrice de littérature sud-américaine. Je ne suis pas sûre que Coloane me plaise d'un point de vue "thématique" mais autant profiter de ce challenge pour ouvrir son horizon, on ne sait jamais et cela me fera une lecture à mener en commun avec l'amie Alice ;) Sepulveda, bizarrement ne me dit rien du tout ; je ne l'ai toujours pas testé... peut-être un jour !
Quant à Neruda, j'envisage en effet de lire "J'avoue que j'ai vécu" et j'ai lu le Skarmeta (et vu le film de Redford)et, bien sûr, j'ai adoré. Je suis d'ailleurs en train de lire un ouvrage intitulé "Neruda par Skarmeta" et c'est absolument extra !!
W : Wolniewicz Claire
Ubiquité
Adam Volladier est un comptable sans histoire à la vie sociale inexistante. Jusqu'au jour où des gens de toutes sortes se mettent à econnaître en lui qui un dentiste clermontois, qui un œnologue, qui un acteur de série télévisée... Après un moment de panique, Adam se laisse glisser dans ses vies.
Je n'ai jamais tout à fait compris le sens de ce roman, son intérêt. Non seulement le style de Wolniewicz est banal, mais en plus l'histoire ne décolle jamais tout à fait. Elle sombre même dans le n'importe quoi dans le dernier tiers. Pourtant, l'intrigue semblait prometteuse, originale, mais l'auteur n'a pas su utiliser son idée brillamment. La transformation d'Adam est plutôt intéressante à suivre mais les problèmes qui vont découler de sa dernière identité assumée, sont peu convaincants. J'ai avancé dans ma lecture tenue par la promesse d'un développement stimulant et j'ai été amèrement déçue au point de finir le livre en diagonale. Dans deux jours je l'aurai oublié...
sepulveda
si tu n'aimes pas le récit de voyage peut être n'aimeras tu pas Sépulveda mais essaye avec "Le neveu d'Amérique" tu verras par la suite, si ce livre ne te passione pas tu peux essayer " histoires marginales". je trouve que ce qu'on a fait de mieux sur les dictatures latino-américaines et autres, pourtant je n'aime pas trop lire sur les guerres. j'ai à la maison "tierra del fuego" et je n'accroche pas. j' essayerai encore
Merci Tigrecita pour ces précisions. En fait, mes préjugés sur Sepulveda sont totalement gratuits. Je note les références car je m'intéresse au thème des dictatures (latinos ou pas d'ailleurs...). Pour Coloane, on a choisi de lire "Cap horn" finalement.
E : Erre Jean-Michel
Prenez soin du chien
Max Corneloup, auteur de romans-feuilletons, vient d'aménager au 5, rue de la Doulce-Belette. Pile en face de chez lui, Eugène Fluche, artiste peintre collé à sa fenêtre, l'observe à longueur de journée. Exaspéré, Max se met à espionner les moindres gestes d'Eugène et consigne le tout dans son journal intime. La méfiance règne.
J'ai ouvert ce livre sans rien en savoir. Il me fallait un auteur en E et suite à plusieurs recommandations, j'ai choisi ce livre. Je n'ai même pas eu la curiosité de lire la quatrième de couverture. J'ai accroché dès le début. Je me suis dit que c'était une comédie, un truc incomparable, léger, sympa, une histoire de voisins qui ne peuvent pas se voir, le quotidien de deux immeubles en vis-à-vis... Je riais comme une innocente !
Le style est vif et enlevé. Le narrateur fait parler ses personnages par le biais de journaux intimes et de lettres. Les anecdotes sont croustillantes, les personnages grâtinés et on ne s'ennuie pas une minute. On se rend bientôt compte qu'il s'agit finalement d'une histoire policière.
Encore une fois, on se trompe car ce roman est inclassable...
C'est un livre difficile à lâcher et qui, sans en avoir l'air, manipule son lecteur avec brio !
X : Xingjian Gao
Une canne à pêche pour mon grand-père
J'ai beaucoup de mal à traduire ce que j'ai ressenti à la lecture de ces textes. J'ai été étonnée, à la fois parce que ma tentative avec "La montagne de l'âme" ne ressemble pas au style de ces nouvelles (écrites antérieurement, hormis la dernière qui est d'ailleurs la seule qui ne m'ait guère plu) mais aussi parce que la préface m'avait préparé à un style plus bizarre. En réalité, l'écriture m'a semblé tout simplement agréable. Les recherches de style de Gao Xingjian sont intéressantes, à la fois originales mais non perturbantes. Il mêle le rêve et la réalité en juxtaposant plusieurs textes qui sont autant de voix mais surtout autant d'images différentes. J'ai trouvé son écriture très visuelle. Ce fut donc une expérience inédite et plutôt agréable. J'ai bien aimé ces textes dans l'ensemble. Pourtant, je ne suis pas sûre de relire cet auteur un jour, du moins sur des textes plus longs. Pour une fois, le format de la nouvelle m'a bien convenu. A tester...
Le recueil est précédé d'une préface intéressante où le traducteur explique la recherche stylistique de l'écrivain. Il est bien d'y revenir une fois le livre fini.
[je n'ai pas définitivement résolu la question de son nom : Gao ou Xingjian ?]
F : Fforde Jasper
L'affaire Jane Eyre
Quand j'ai débuté le livre, j'étais à la fois excitée à l'idée de découvrir un bouquin qui avait l'air si étrange et un peu perplexe sur ma capacité à l'apprécier étant donné mon peu de goûts pour les genres imaginaire et le polar.
Pourtant, j'ai bien accroché dès les premières pages. Le rythme est entraînant, l'action démarre vite et les aspects descriptifs de cet univers imaginaire ne sont jamais bien longs. Le fait que la littérature soit au centre de l'intrigue est vraisemblablement pour beaucoup dans mon intérêt pour ce roman. Les personnages principaux sont attachants ou tout simplement intéressants de par leur envergure (le méchant est vraiment très méchant ;)
Le livre ferait un bon film ; il est très visuel. On ne s'ennuie pas un instant et le rythme effréné n'empêche nullement des réflexions (certes superficielles) sur la littérature. En tant que lectrice passionnée, j'ai beaucoup aimé certaines idées comme la possibilité de voyager dans les livres et d'y croiser nos héros préférés tout en sachant combien ces rencontres peuvent perturber l'équilibre du monde.
Voilà un excellent livre pour se détendre et voyager bien calé dans son fauteuil !
(petite précision, ne pas avoir relu Jane Eyre depuis un moment n'est pas préjudiciable à la compréhension. Ne l'avoir jamais lu non plus en fait puisque le livre comporte à un moment un résumé de l'oeuvre mais il me semble que dans ce cas, cela ne donne pas envie de lire Jane Eyre puisqu'on connaît dès lors la fin, même si le livre de Bronté vaut la peine d'être lu pour son ambiance et son style au-delà de l'intrigue elle-même. A chacun de voir).
D : Devenne François
Trois rêves au mont Mérou
Afin de perpétuer la tradition de son clan, Bayu El-Mudi doit se rendre au mont Mérou pour y rêver. A son retour, il sera devenu un homme. Le problème, c'est que les anciens ne lui ont donné que peu d'éléments sur ce qu'il doit réellement faire. Il connaît l'itinéraire à suivre, il a été initié à quelques techniques de survie mais c'est tout. Que va-t-il rencontrer sur sa route ? Comment va-t-il s'y prendre pour mener à bien cette initiation et en quoi consiste-t-elle concrètement ? Il n'en a aucune idée...
C'est un roman qui traîne dans ma liste à lire depuis sa sortie. Je rechignais un peu me disant : « encore un récit initiatique... ». Alors, oui, c'est vrai, c'est bien de cela dont il s'agit dans le sens le plus classique du terme. Pourtant, la poésie tant de l'écriture que des situations fait de ce roman une pure merveille. Nous sommes véritablement transporté dans cette Afrique mythique où les hommes et les bêtes peuvent communiquer, où la magie est encore vivace. L'initiation de Bayu garde un côté mystérieux tout au long du livre car, qu'est-ce que « rêver » ? Que peut-on attendre de ses rêves et de leurs réalisations ? Quel est le but de tout cela ? Au fil des rencontres, des épreuves et de son errance, Bayu va apprendre le secret de la vie qui fait de vous un adulte dans le sens le plus noble du terme. L'écriture de François Devenne est d'une beauté à couper le souffle. Son pouvoir d'évocation est grand et l'on finit par ne plus savoir si l'on a rêvé ce livre ou si cette histoire est bien réelle...
A recommander sans réserve !
T : Tschinag Galsan
Ciel bleu, une enfance dans le Haut-Altaï
Galsan Tschinag raconte son enfance dans la steppe aux confins du désert de Gobi, dans les terres du Haut-Altaï.Le groupe familial se déplace en fonction des pâturages et des saisons, on monte les yourtes et on rencontre les gens. Les enfants ont une place bien définie que vient troubler l'obligation de scolarisation imposée par le gouvernement communiste.
Si j'avais un seul reproche à faire à ce livre, c'est qu'il ne s'y passe rien. Certes, il est intéressant de découvrir le mode de vie des Touvas mais c'est le même que celui de n'importe quel peuple nomade à peu de choses près. L'écriture de Tschinag n'est pas désagréable mais pas extraordinaire non plus ce qui fut une grande déception pour moi après tout le bien que j'avais lu à son sujet.
La seule chose qui m'ait réellement touchée, c'est la relation entre l'enfant et sa grand-mère, ainsi que l'histoire même de la grand-mère. Mais même si le livre est peu épais, j'y ai trouvé des longueurs. Bref, je suis déçue de ce premier contact avec Tschinag. Je ne sais pas si retenterai l'expérience d'autant plus que tous ses livres parlent du même sujet.
Métailié coll. Suites / 160 pages
M : Minot Susan
Crépuscule
Ann Lord « ne verra pas jaunir les feuilles » cet automne. Mais qui, d'Ann Grant, la jeune fille, ou d'Ann Lord, la vieille femme, va mourir ? Quelle est l'identité, quelle est cette part d'elle-même vouée à l'oubli des autres, qui va soudain sombrer ? Se peut-il que l'amour fou, le premier, le grand amour, qu'elle n'a connu que quelques heures de sa vie de femme, d'épouse, de maîtresse et de mère, soit le seul souvenir à émerger d'une existence qu'elle a traversée plutôt que véritablement vécue ?
Je ne sais vraiment pas que dire ce ce livre. C'est une pure merveille littéraire, tout simplement, qui traînait dans ma liste à lire depuis des années. Dès les premières pages, on plonge dans cette écriture délicieuse et dans une autre époque. Quel délice de suivre Ann dans ses souvenirs ! C'est un livre qui nous fait vraiment réfléchir sur le temps qui passe et sur ce qu'il restera de nous, de notre passage sur terre. Un livre sur la prise de conscience que chaque être humain est finalement définitivement seul parmi ses semblables. Pas très gai, me direz-vous, certes, mais l'acuité du regard de Susan Minot est impressionnante. Nul cynisme dans son approche, juste un brin d'amertume mais surtout une grande lucidité. L'approche de la mort rend Ann particulièrement lucide en même temps qu'elle ne vit plus que dans la nostalgie, nostalgie d'une soirée, d'un homme, d'un tournant non pris et qu'elle juge, finalement, comme le moment où sa vie a basculé.
J'ai beaucoup aimé cette façon d'écrire qui mêle habilement le présent et le passé et qui met le lecteur dans l'esprit confus d'Ann. Difficile de ne pas se laisser submerger par l'émotion, en particulier sur la fin. Il m'a été presque impossible de lire beaucoup à la fois car le livre est dense, fort et l'écriture si belle que je perdais souvent le fil de l'histoire. J'ai été éblouie et transporté par ce livre qui trouvera, un jour, une place d'honneur dans ma bibliothèque. Je le relirai très certainement.
Désolée d'en parler si mal. C'est le signe que j'ai été bouleversée au-delà des mots (même si c'est une mauvaise excuse !)
Je souhaite désormais lire toute l'oeuvre de Minot.
U : Urien Emmanuelle
"Toute humanité mise à part"
Emmanuelle Urien écrit des textes très noirs mais elle m'avait assuré, lors de notre rencontre au salon du livre de Balma (dont "Toute humanité mise à part" a obtenu le prix 2007), que ce recueil de treize nouvelles était moins désespérant que ses autres livres. Et puis, il y avait « humanité » dans le titre et je me sentais attirée.
Je ne regrette absolument pas mon achat ! Certes, on ne rigole pas vraiment et il vaut mieux déguster ces textes au rythme de un par jour si on ne veut pas finir déprimé. Par contre, le style d'Emmanuelle Urien est un pur bonheur de lecture. C'est fluide, bien écrit, simple mais fort. Quelques mots suffisent à planter un décor et les silences font le reste...
J'ai particulièrement aimé « Sentinelles éternelles », un texte sur un homme qui va former des cambodgiens au déminage. Ce texte m'a bouleversée ! Un beau coup de coeur aussi pour « Tentative d'évasion ». Beaucoup aimé aussi « Ici finit le monde », « Délivre-nous du mal » et « La confusion des peines ». Quant aux textes non cités n'allaient pas croire que je ne les ai pas aimés ... Cela dit, certains d'entre eux m'ont vraiment trop bousculée. Leur part d'humanité était trop ténue pour que je puisse me raccrocher à quelque chose et il m'a parfois fallu enchaîner sur une autre lecture, ne serait-ce que quelques lignes, pour changer d'univers et oublier l'indicible.
Un recueil que je vous conseille chaudement à moins que vous n'alliez déjà pas bien.
O : Osorio Elsa
Luz ou le temps sauvage
A vingt ans, à la naissance de son enfant, Luz commence à avoir des doutes sur ses origines, elle suit son intuition dans une recherche qui lui révélera l'histoire de son pays, l'Argentine. Luz mène son enquête depuis sa situation troublante d'enfant que personne n'a jamais recherchée.
C'est un livre qui traîne dans ma LAL depuis aussi longtemps que Crépuscule et que j'ai également mis dans ma liste du challenge ABC. Et, encore une fois, ce fut une excellente chose de piocher dans les profondeurs de mes listes !
J'ai eu un coup de coeur absolu et définitif pour ce roman dont le style est à couper le souffle (on dirait un long chant) et l'histoire passionnante. Comment décrire ce que j'ai ressenti à cette lecture ? Les sentiments que fait passer l'auteur sont très forts. On se sent en empathie totale avec Luz mais aussi d'autres personnages très attachants.
Il est vrai que je m'intèresse aux sujets traitant de dictatures et ce roman a comblé mes attentes en la matière. Mais cette histoire est avant tout une histoire humaine et c'est cela qui emporte le lecteur, cette quête de la vérité, des racines. Les rebondissements vous tiennent en haleine, le livre est tout simplement impossible à lâcher si ce n'est pour prendre une bouffer d'air frais après toutes les horreurs du régime dictatorial. On finit cette lecture à bout de souffle, au bord des larmes où se mêlent la tristesse et la joie.
Moi aussi
J'ai adoré ce livre, qui m'avait été conseillé par Doriane ! C'est un de mes coups de coeurs de l'année 2007 avec Les noces barbares.
C'est Alice qui me l'avait recommandé et il figurait sur ma LAL depuis tout ce temps-là.
Pour moi aussi c'est un coup de coeur !!!
Z : Zamiatine Evgueni
L'inondation
"La vitre tintait sous le vent, des nuages gris et bas - des nuages de la ville, des nuages de pierre - passaient dans le ciel - comme s'ils étaient de retour, ces nuages étouffants de l'été que pas un orage n'avait transpercés. Sophia sentit que ces nuages n'étaient pas au-dehors, mais en elle, que depuis des mois ils s'amoncelaient comme des pierres, et qu'à présent, pour ne pas être étouffée par eux, il fallait qu'elle brise quelque chose en mille morceaux, ou bien qu'elle parte d'ici en courant, ou encore qu'elle se mette à hurler..."
Comme toutes les formes courtes, ce récit est dense, à l'écriture précise. La tension est palpable dès le départ ; on devine que cela va mal finir. Pourtant, je n'ai pas réussi à entrer dans l'histoire. Je suis restée spectatrice d'un drame annoncé. Je n'ai ressenti qu'une faible empathie pour Sophia et aucune pour les autres personnages. Cette histoire m'a donc laissée indifférente en dépit de la finesse des descriptions de la psychologie des personnages. Un coup dans l'eau... (sans mauvais jeu de mot ;)
Z : Zamiatine Evgueni
L'inondation
"La vitre tintait sous le vent, des nuages gris et bas - des nuages de la ville, des nuages de pierre - passaient dans le ciel - comme s'ils étaient de retour, ces nuages étouffants de l'été que pas un orage n'avait transpercés. Sophia sentit que ces nuages n'étaient pas au-dehors, mais en elle, que depuis des mois ils s'amoncelaient comme des pierres, et qu'à présent, pour ne pas être étouffée par eux, il fallait qu'elle brise quelque chose en mille morceaux, ou bien qu'elle parte d'ici en courant, ou encore qu'elle se mette à hurler..."
Comme toutes les formes courtes, ce récit est dense, à l'écriture précise. La tension est palpable dès le départ ; on devine que cela va mal finir. Pourtant, je n'ai pas réussi à entrer dans l'histoire. Je suis restée spectatrice d'un drame annoncé. Je n'ai ressenti qu'une faible empathie pour Sophia et aucune pour les autres personnages. Cette histoire m'a donc laissée indifférente en dépit de la finesse des descriptions de la psychologie des personnages. Un coup dans l'eau... (sans mauvais jeu de mot ;)
V : Villard Marc
"Bonjour, je suis ton nouvel ami"
Je voulais découvrir cet écrivain depuis longtemps. Lors de ma soirée au prix du Scribe, j'en ai à nouveau entendu parler et comme il me manquait un V pour mon challenge après deux tentatives infructueuses (Vila-Matas et Valléjo), j'ai décidé de lire enfin Villard.
Je n'ai pas du tout été déçue ! Ces courts textes où il se met en scène sont absolument excellents. C'est drôle, enlevé et parfois très profonds. Il nous fait part de ses tentatives de suicide manquées plus hilarantes les unes que les autres, de ses tourments (son anxiété pathologique et sa peur maladive de rater le train notamment), etc. Ses situations en entreprise sont également bien vues, notamment "La réunion" qui est tout à fait représentative du langage creux que nous utilisons dans ces circonstances.
Son récit d'un salon du livre en Suisse n'est pas triste non plus ! Bref, l'auteur manie l'autodérision avec un talent certain.
On trouve aussi quelques textes poignants, tel celui évoquant le suicide de son père. Ce dernier laissa mille et un messages mais nulle "lettre qui indiquerait [à l'auteur] ce qu'[il] devait faire de [sa] vie".
Le style est tout à fait adapté au ton des textes. C'est un livre qui se lit d'une traite, bien calé dans une chaise longue :)
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