09 décembre 2007
LA LISTE DE CELIA
A moi de vous présenter ma liste de Challenge 2007.
A comme ABBOTT Elizabeth : Une histoire des maîtresses B comme BANK Melissa : Prochain arrêt le paradis, dans ma PAL => 6,5/10 C comme CHEVALIER Tracy : La dame à la licorne, (j'ai déjà lu l'auteur) dans ma PAL => 9/10
D comme DUMAS Alexandre : La reine Margot E comme ERRE J.M.: Prenez soin du chien => 7,5/10 F comme FERMINE Maxence : Neige => 8/10
G comme GOLDEN Arthur : Geisha, dans ma PAL : abandon fin marsH comme HAUSHOFER Merlen : Nous avons tué Stella => 8,5/10I comme ISHIGURO Kazuo : Auprès de moi toujours => 10/10
J comme JACQ Christian : La reine liberté Tome 1 : l’Empire des ténèbres
K comme KEITH JACKSON Brian : Vu d’ici
L comme LA BRUYÈRE : Les caractères M comme MILOVANOFF Jean Pierre : La splendeur d’Antonia => 8,5/10
N comme NABOKOV Vladimir : Lolita O comme OSORIO Elsa: Luz ou le temps sauvage => 10/10 P comme PAASILINA Arto: Le lièvre de Vatanen => 8/10Q comme QUINT Michel : Effroyables jardins => 4/10
R comme RABELAIS François: Gargantua, dans ma PALS comme SHIMAZAKI Aki: Tsubaki => 10/10 T comme TEULÉ Jean: Le magasin des suicides => 9,5/10
U comme UNGER Lisa : Cours ma jolie, dans ma PALV comme VERISSIMO Luis Fernando : Borgès et les orangs-outangs éternels => 7/10
W comme WILDE Oscar : Le portrait de Dorian Grey X comme XINRAN : Chinoises, dans ma PAL => 10/10
Y comme YI Munyol : Notre héro défiguré et autres nouvelles => reporté dans mon challenge 2008Z comme ZAMIATINE Evgueni : L’inondation => 10/10
Je précise juste que je mettrais mon avis sur les livres lus en commentaire et que vous pourrez aussi les retrouver sur mon blog. Alors voilà, à mes bouquins... et à bientôt
http://ptitcoinlecture.blogspot.com/
Mise à jour du 9 décembre 2007:
Il s'avère maintenant certain que malheureusement je ne terminerai pas mon challenge 2007. Mais je suis déja contente de mes découvertes dues à ce challenge. L'an prochain je m'atèle à un challenge de littérature asiatique... en espérant cette fois le conclure
Commentaires
Jolie liste ! Pour ma part, j'ai lu quelques classiques : La Bruyère, Rabelais et Wilde. Avec chacun tu passeras de bons moments et tu risques de rire beaucoup ! Quant à Xinran, sa lecture est très prenante et émouvante... parfois effrayante !
Bonne lecture !
Très intéressante liste. J'ai lu quelques titres de ta liste, notamment "Légers manquements" il y a quelques semaines. J'ai eu parfois envie de lâcher mais en fait, une fois le rythme pris on s'attache aux personnages et la lecture coule de source."La foire aux vanités": extraordinaire et superbe: on ne lâche plus le bouquin une fois lancé dans la lecture! "Le pendule de foucault", lu il y a longtemps (presque 12 ans!) et le souvenir qui me reste est l'érudition inouïe d'Eco et la hâte de rentrer chez moi après le travil pour me plonger dans le livre!!
Au fait, pas moyen d'aller sur ton blog: le lien n'affiche rien.
Praline : J'ai effectivement mis quelques classiques sur ma liste que j'ai envie de lire depuis bien longtemps, mais jamais le temps. Je pensais donc que le challenge était une bonne occasion.
Katell Bouali : J'ai déjà lu le nom de la rose il y a quelques années et j'ai été très étonnée et intéressée par l'érudition d'Eco. Je suis donc très tentée par un autre roman et je me réjouis de le lire. Pour la foire aux vanités, j'en ai beaucoup entendu parlé mais je n'ai pas eu l'occasion de le lire pour l'instant.
Contente d'être parmi vous.
Célia
J'ai oublié d'ajouter que j'ai règlé le petit problème de lien vers mon blog. Vous y êtes tous les bienvenus.
J'avais lu "la reine liberté" de christian Jacq et j'avais adoré. Je me souviens aussi l'avoir acheté pour sa superbe couverture chez XO éditions. Et "Le portrait de Dorian Grey" est sur ma LAL. Je garde un oeil sur ta liste pour lire ton avis. Bon challenge.
Beloved: merci, à toi aussi bon challenge!
N°1: Prochain arrêt le paradis
Peu de temps à consacrer à mes lectures actuellement: je passe le Capes d'histoire-géo dans moins d'un mois maintenant. J'ai enfin trouvé le temps de terminer ce livre que j'ai commencé à lire dès début janvier.
L'histoire:
Rien ne va de soi pour Sophie Applebaum, la nouvelle héroïne terriblement attendrissante de Melissa Bank.Enfant espiègle, elle s’applique à faire plaisir; jeune diplômée fascinée par New York, elle peine à trouver un emploi; amie fidèle, elle découvre que la loyauté n'est pas forcément la chose la mieux partagée au monde; amoureuse impétueuse, elle rompt aussi souvent ou presque qu’elle s’éprend. D’un médecin, père de famille et divorcé; d’un serveur, poète à ses heures et en rupture de ban ou encore d’un musicien à peine sorti de l’enfance. Sophie est ainsi : toujours, elle relève le gant. Avec d’autant plus d’ardeur que sa famille, véritable tribu où l’on rit, s’aime, se chamaille et pleure, n’est jamais loin.
Drôle, émouvant, agité, Prochain arrêt, le paradis raconte avec entrain les tribulations d’une fille bien décidée à conquérir le monde ou pour le moins à y trouver sa place.
Mon avis:
Sophie Appelbaum n'est pas, comme qui dirait, une fille à qui tout réussi. Quoiqu'elle face, elle ne se sent pas très à l'aise dans ses baskets, elle se cherche. On la rencontre alors qu'elle a une dizaine d'années: c'est une petite fille gentille qui cherche comment désobéir à ses parents sans les décevoir de trop. Puis de l'université au monde du travail, elle accumule les petits amis, les ami(e)s avec qui rien n'est facile. Elle a une trentaine d'années lorsqu'on la quitte. Et j'avoue, la fin m'a un petit peu déçu. Au final, rien ne change pour cette éternelle adolescente: même ses relations amoureuses sont désespérement catastrophiques. On y croise tout un tas de personnage - j'avais même un peu tendance à m'y perdre lorsque je reprenais ma lecture après quelques jours d'arrêt - et par moment certains passages m'ont paru un peu long et de peu d'intérêt. Pourtant, j'ai bien aimé ce livre: une famille très unie et solidaire qui tente malgré les petits désaccords de se soutenir mutuellement avec au centre Sophie.
Un livre sympathique.
Ma note:
6,5/10
Retrouvez mon avis sur mon blog.
Prochaine lecture: Tracy Chevalier : La dame à la licorne.
N°2: La dame à la licorne
Toujours très peu de temps à conscrer à mes lectures. Je passe mon premier concours dans quelques jours à peine, mais la lecture me détend alors j'en profite un peu.
La Dame à la Licorne de Tracy Chevalier
L'histoire:
Désireux d'orner les murs de sa nouvelle demeure parisienne, le noble Jean Le Viste commande une série de six tapisseries à Nicolas des Innocents, miniaturiste renommé à la cour du roi de France, Charles VIII. Surpris d'avoir été choisi pour un travail si éloigné de sa spécialité, l'artiste accepte néanmoins après avoir entrevu Claude, la fille de Jean Le Viste dont il s'éprend. La passion entraînera Nicolas dans le labyrinthe de relations délicates entre maris et femmes, parents et enfants, amants et servantes.
En élucidant le mystère d'un chef-d'œuvre magique, Tracy Chevalier ressuscite un univers de passion et de désirs dans une France où le Moyen Age s'apprête à épouser la Renaissance.
Mon avis:
Second livre de Tracy Chevalier que je lis après la jeune fille à la perle, j'étais impatiente de découvrir cette oeuvre.
Un roman très bien documenté sur le sujet des tapisseries de la dame à la licorne autour desquelles planent encore un certain mystère. On y trouve des descriptions très détaillées sur l'atelier des maîtres lissiers qui réalisent les tapisseries à la fin du Moyen Age : un vrai bonheur. L'oeuvre d'art est au centre du roman, mais une grande place est laissée aux personnages que l'on apprécie de voir évoluer dans cet univers médiéval. L'écriture est fluide et très agréable à lire.
Le roman est divisé en cinq périodes qui correspondent à l'avancement des tapisseries, de la peinture de Nicolas des Innocents jusqu'à leur exposition dans la grande salle de réception des Le Viste pour les fiançailles de Claude. Les uns après les autres, les protagonistes prennent la parole et nous raconte leur vision des évenements mais sans aucune redondance puisqu'il s'agit à chaque fois de la suite de l'histoire. Cette manière de mener le roman m'a énormément plu. J'ai particulièrement apprécié les interventions de la petite aveugle, Aliénor, la fille du maître lissier, toujours très émouvantes.
A noter tout de même, le caractère très cru des descriptions des relations homme-femme, mais certainement assez proche de la réalité de l'époque.
Un roman à lire absolument si vous appréciez les romans historiques.
Ma note:
9/10
Retrouvez aussi mon avis sur mon blog.
Prochaine lecture: Geisha d'Arthur Golden.
Moi aussi, j'avais beaucoup aimé "La dame à la licorne", et depuis que je l'ai lu je me dis qu'il faudrait que j'en lise d'autres de Tracy Chevalier!
N°3: Neige
Ses deux prochaines semaines, j'aurai un peu plus de temps à consacrer à mes lectures... Ouf! Alors j'avance, lentement mais sûrement...
Neige de Maxence Fermine.
L'histoire:
À la fin du XIXe siècle, au Japon, le jeune Yuko s'adonne à l'art difficile du haïku. Afin de parfaire sa maîtrise, il décide de se rendre dans le sud du pays, auprès d'un maître avec lequel il se lie d'emblée, sans qu'on sache lequel des deux apporte le plus à l'autre. Dans cette relation faite de respect, de silence et de signes, l'image obsédante d'une femme disparue dans les neiges réunira les deux hommes. Dans une langue concise et blanche, Maxence Fermine cisèle une histoire où la beauté et l'amour ont la fulgurance du haïku. On y trouve aussi le portrait d'un Japon raffiné où, entre violence et douceur, la tradition s'affronte aux forces de la vie.
Mon avis:
Un petit livre plein de poésie, de charme, de simplicité et de blancheur. Je viens de lire ce petit conte cet après midi. La lecture est facile et rapide. Trop rapide à mon goût pour entrer tout en entier dans le roman et en apprécier toutes les subtilités - il fait moins de 80 pages et l'écriture est très aérée. J'ai pourtant beaucoup apprécié ce livre.
Une histoire pleine d'amour: l'amour de la neige, l'amour de Neige, l'amour de la poésie. Mais je crois qu'un extrait de ce petit livre sera plus parlant que tous les descriptions que je pourrai faire:
" La neige est un poème. Un poème qui tombe des nuages en flocons blancs et légers. Ce poème vient de la bouche du ciel, de la main de Dieu." (p.13)
" Ce fut un voyage vers le soleil de son coeur. La pureté du monde et de sa lumière s'offrait à son regard. En marchant lentement sur le chemin, Yuko ressentit une joie pure et étincellante. Il était libre et heureux. Il emportait pour seul bagage l'or de sa foi en l'amour et en la poésie." (p.36)
"L'amour est bien le plus difficile des arts. Et écrire, danser, composer, peindre, c'est la même chose qu'aimer. C'est du funambulisme. Le plus difficile c'est d'avancer sans tomber. " (p.50)
Ma note:
8/10.
Retrouvez ma critique sur mon blog.
Geisha d'Arthur Golden est toujours encore en cours de lecture
Neige ...
J'ai adoré Neige (de Fermine) qui était sur ma liste ABC et j'en parle ici :
http://bmr-mam.over-blog.com/article-5537003.html
Un peu dans la même veine :
Soie d'Alessandro Baricco (encore plus mieux bien)
et
Mer d'encre de Richard Weihe (un petit peu juste en dessous).
BMR & MAM: Merci pour tes conseils. J'ai ajouté Soie de Barrico à ma Lal. Quant à Mer d'encre, je vais me renseigner...
Abandon de lecture
Après avoir trainé presque un mois sur la lecture de Geisha sans arriver à dépasser la page 100, je me décide à suspendre sa lecture. Je le reprendrais un peu plus tard dans l'année.
Changement pour la lettre T
Petit changement pour la lettre T. J'ai découvert un petit livre tout à fait intéressant et symapthique de Jean Teulé: Le magasin des suicides.
Ce petit livre est en cours de lecture.
N°4: Le magasin des suicides
J'ai rapidement lu ce petit livre tout à fait savoureux...
L'histoire:
Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.
Mon avis:
Un livre tout à fait original et cynique à loisirs. Jean Teulé pratique l'humour noir et c'est tout simplement génial. Une histoire à la famille Adams, revisitée et projetée dans le futur. L'histoire se passe dans un futur plus ou moins lointain où rien n'a changé si ce n'est que les catastrophes naturelles sont plus nombreuses, les guerres font rages un peu partout et le commerce du suicide bas son plein.
Le couple Tuvache a eu trois enfants, dont le troisième était un "accident". Les deux premiers sont tristes et suicidaires comme il se doit dans la famille Tuvache mais le petit dernier est plein de joie de vivre et d'optimisme: un problème quand on vend la mort.
Les idées autour du suicide sont toutes plus originales les unes que les autres: un parc d'attraction sur le thème du suicide, le death kiss de Marilyn, le revolver un coup jetable, les parpaings pour se jeter par la fenêtre... J'adore!
Ce livre n'a rien de sérieux, il tourne en dérision l’un des plus prégnants interdits du monde et de la pensée occidentale et dénonce au passage la cupidité des petits commerçants. Mais au fond, il s'agit surtout de la célébration de l’unité familiale envers et contre tout. Un livre à prendre au second degré...
A noter une fin à laquelle je ne m'attendais pas vraiment...
Un livre que je recommande chaudement à ceux qui aime l'humour noir...
Ma note:
9,5/10.
Retrouvez ma critique sur mon blog.
Prochaine lecture: Chinoises de Xinran.
N°5: Effroyables jardins
Je n'avais lu que de très très bonnes critiques de ce petit livre et j'en attendais peut être un peu trop...
L'histoire:
A chaque fête, chaque Noël, chaque anniversaire, il fait le clown. Il revêt son costume grotesque, son nez rouge et devient " le plus triste des clowns tristes ". Ce père fait honte à son fils. Jusqu'au récit de l'oncle Gaston : un dimanche, après une sortie au cinéma, ce dernier lui raconte tout. L'histoire sublime et banale d'un résistant et d'un soldat allemand. Celle qui fait du père un héros
Mon avis:
J'ai beaucoup de mal à savoir ce que j'ai vraiment ressentit en lisant ce livre.
Une histoire magnifique en elle-même: un petit garçon qui a honte de son père qui ne cesse de faire le clown devant ses élèves et l'abandonne à la première occasion, lui et sa mère, pour aller faire rire d'autres enfants, l'histoire étonnante et particulièrement émouvante de ce père qu'il ne comprend pas mais que son oncle va lui apprendre à connaître à travers le récit d'une période de sa vie durant la seconde guerre mondiale qu'ils ont vécu ensemble.
L'auteur sait nous faire transparaître la honte et la tristesse de ce petit garçon face à son père-clown, il décrit avec une cruelle réalité le trou boueux qui a failli voir mourir son père et son oncle, la fin du récit est tout simplement magnifique. Un très bel hommage à son père, son oncle, son grand-père (qui a vécu la première guerre mondiale dans les tranchées)...
Et pourtant, j'avoue, j'ai eu beaucoup de mal à lire ce tout petit livre. J'ai du le poser, attendre un peu, m'y remettre et le reposer. Je n'ai cessé de le lire 2-3 pages par 2-3 pages. L'histoire en elle est magnifique mais la façon dont elle est retracé par l'auteur: le récit d'un veil homme du nord qui parle un patois incompréhensible pour moi, m'a beaucoup gêné. Je suis tout à fait consciente que ce personnage est central et que le récit n'aurait pas été ce qu'il est s'il n'avait pas utilisé ce language parlé mais je n'ai pas réussi à m'y faire. Et ca en à gâcher une grande partie de ma lecture.
Un extrait pour vous expliquer de quoi je parle:
"Henri et Emile, ils comprenaient pas c't'encrinquage de terreur. Ils nous saoulaient de pourquoi et de ah mais... Si le transfo c'est vous, dites-le, puisque de toutes façons, vous allez crever , alors autant que votre mort serve à nous sauver..."
Une déception donc pour la forme...
Ma note:
J'ai beaucoup de mal à me décider mais je mettrais 4/10: l'histoire en vaudrait au moins huit sur dix mais l'écriture m'a vraiment gênée.
Retrouvez ma critique sur mon blog.
Lecture toujours en cours: Chinoises de Xinran.
N°6: Chinoises
Un livre déchirant...
L'histoire:
Un dicton chinois prétend que dans chaque famille il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix. Une femme a rompu le silence. Durant huit années, de 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle invitait les femmes à parler d'elles-mêmes, sans tabou. Elle a rencontré des centaines d'entre elles. Avec compassion, elle les a écoutées se raconter et lui confier leurs secrets enfouis au plus profond d'elles-mêmes. Epouses de hauts dirigeants du Parti ou paysannes du fin fond de la Chine, elles disent leurs souffrances incroyables : mariages forcés, viols, familles décimées, pauvreté ou folie... Mais elles parlent aussi d'amour. Elles disent aussi comment, en dépit des épreuves, en dépit du chaos politique, elles chérissent et nourrissent ce qui leur reste. Un livre bouleversant, " décapant, à lire de toute urgence pour voir l'importance du trajet que la femme chinoise a dû et doit encore accomplir " (Diane de Marguerite, Le figaro littéraire)
Mon avis:
Un livre dont on ne sort pas indemne. On le referme mais il nous hante, on y repense, on revoit les images marquantes qu'il a inscrit en nous.
Un livre qui retrace huit ans de recherches de la journaliste Xinran sur le thème des femmes dans une Chine qui commence a s'ouvrir mais où les mentalités restent fermées. Xinran nous explique tout d'abord comment elle en est venue à s'intéresser au sort des femmes de son pays. Suivent ensuite différentes histoires qui ont marqué la journaliste: des témoignages reçus dans son courrier, sur le répondeur de la radio ou qu'elle a recueilli au cours de ses recherches. Les histoires de ses femmes chinoises que l'ont croisent dans ce livre sont toutes plus émouvantes, déchirantes et terribles les unes que les autres. On y apprend aussi l'histoire de sa mère et celle de son enfance. J'ai souvent eu les larmes qui me montaient aux yeux et pourtant je ne suis pas si émotive que ça en règle générale. Je me suis souvent surprise à me dire: "mais comment est-ce possible? Comment des choses pareils peuvent-elles encore exister à notre époque? Comment peut-on encore traiter les femmes comme de purs objets ou une simple marchandise?" ... (il faut garder à l'esprit que le livre se termine en 1997, il y a dix ans à peine). Xinran elle-même, épuisée émotionnellement par toutes ses découvertes, finit par abandonner la Chine pour l'Angleterre où elle publie ce livre pour tenter de faire comprendre aux femmes occidentales ce que c'est d'être une femme en Chine, mais aussi pour décharger son coeur - un des ses amis, le vieux Chen lui conseille: "Si vous n'écrivez pas ces histoires, leur trop-plein va vous briser le coeur".
"Quand la Chine a commencé à s'ouvrir, ce fut comme si un enfant affamé dévorait tout ce qui lui tombait sous la main sans faire de distinction. Plus tard, alors que le monde découvrait une Chine rose de bonheur dans ses nouveaux atours, qui ne hurlait plus de faim, la cvommunauté des journalistes a assisté, muette, aux convulsions de ce corps ravagé par les douleurs de l'indigestion. Mais c'était un corps dont le cerveau stérile car le cerveau de la Chine n'avait pas encore développé les cellules nécessaires pour absorber la vérité et la liberté. Le divorce entre ce qu'ils savaient et ce qu'il leur était permis de dire mettait à rude épreuve la santé mentale et physique des journalistes." (p.330)
Un livre magnifique que toute femme devrait lire pour comprendre quelle chance nous avons de vivre à notre époque dans des pays "privilégiés" et que ce n'est pas encore partout aussi simple d'être une femme...
Ma note:
10/10
Retrouvez ma critique sur mon blog.
Prochaine lecture: La splendeur d'Antonia de Jean-Pierre Milovanoff.
Efroyables jardins
J'ai eu le même problème que toi dans la lecture de ce livre. Du coup, il ne m'a pas plu et je ne pense pas continuer avec l'auteur.
N°7: La splendeur d'Antonia
L'histoire:
" A dire vrai, pour décrire l'amour d'Antonia, il faudrait des mots qui n'auraient jamais été prononcés, une langue de coquelicot et de brise avec des silences soudain, des arrêts sur une lumière, les nuages qui filent là-bas par-dessus le Temple de Diane dans le ciel de ce mois de juin oublié, luisant comme une coquille hors de l'eau. Oui, d'abord les nuages, le vent, le ciel, le soleil, puis les cheveux rouges que l'on sait, puis le bruit des pas d'Antonia qui traverse la place aux Herbes, emportée par ses sensations. J'imagine que c'est le début de l'après-midi, l'heure chaude, pas encore le bon du jour. Pour courir à son rendez-vous, elle a mis une longue robe d'été avec un chapeau de taffetas vert ajusté sur son chignon. Où va-t-elle de ce pas vif ? " (Jean-Pierre Milovanoff)
Mon avis:
Antonia est l'arrière-grand-mère du narrateur. Sa fille, donc la grand-mère du narrateur, Pauline a quelques cent dix ans lors de la rédaction du livre. C'est elle qui raconte soir après soir à son petit-fils, l'histoire de sa mère Antonia d'après ces quelques souvenirs d'enfance. Son petit-fils en fait un roman plein de tendresse et d'amour.
Antonia a été une très belle jeune femme rousse. L'histoire retrace celle de ces amours entre biographie et fiction. L'auteur ne sait presque rien de cette arrière-grand-mère et pourtant il arrive à écrire sa courte mais tumultueuse exitence avec tendresse et humour. On découvre Nîmes au tournant du XXème siècle, un milieu bourgeois et austère de cette fin de XIXème siècle et la belle et passionnée Antonia.
Le narrateur est omniprésent tout au long de sa reconstruction de la vie d'Antonia et j'ai trouvé cela très plaisant. L'écriture est fluide, les touches d'humour nombreuses - j'ai notamment adoré sa définition du "bon à rien".
Un beau livre à lire au coin du feu en hiver ou dans un parc au soleil au printemps...
Ma note:
8,5/10.
N°8 L'inondation
L'histoire:
"La vitre tintait sous le vent, des nuages gris et bas - des nuages de la ville, des nuages de pierre - passaient dans le ciel - comme s'ils étaient de retour, ces nuages étouffants de l'été que pas un orage n'avait transpercés. Sophia sentit que ces nuages n'étaient pas au-dehors, mais en elle, que depuis des mois ils s'amoncelaient comme des pierres, et qu'à présent, pour ne pas être étouffée par eux, il fallait qu'elle brise quelque chose en mille morceaux, ou bien qu'elle parte d'ici en courant, ou encore qu'elle se mette à hurler..."
Mon avis:
On entre de prime abord dans la vie d'un couple, Sophia et Trofim Ivanytch, marié depuis treize ans. Sophia approche la quarantaine et n'a toujours pas réussi à faire un enfant à son mari. Mais ils n'en parlent pas, les non-dits se font pesant dans leur vie de couple. Un jour, le voisin du dessus, un menuisier, meurt du typhus. Il élevait seul sa fille de treize ans, Ganka. Treize ans, Ganka aurait pu être la fille de Sophia... Alors que la Néva déborde, le couple décide enthousiaste d'adopter la jeune fille orpheline. Le courant passe tout de suite très bien entre Ganka et Trofim mais Sophia et Ganka n'arrive pas à communiquer. Les relations entre le couple et leur nouvelle fille se font de plus en plus complexes. Un drame familial terrible se noue sur fond de la Néva grondante et au son du balancier de la pendule qui résonne.
Le style est dense et le récit tout à fait palpitant; je l'ai lu d'une traite, sans lever les yeux une seule fois.
Un pur chef d'oeuvre qui me donne envie de découvrir plus avant l'oeuvre de ce grand écrivain russe exilé volontairement sous Staline...
Ma note:
10/10.
N°9 Prenez soin du chien
L'histoire:
Rue de la Doulce-Belette, Max Corneloup, auteur de romans-feuilletons, et Eugène Ruche, peintre sur coquilles d'œuf, habitent en vis-à-vis. Chacun suspecte l'autre de l'épier. La méfiance règne, d'autant plus que le voisinage n'est pas spécialement sain d'esprit. Sans compter les commérages de Mme Ladoux, la gardienne... Quand un cadavre est découvert, c'est une véritable psychose qui s'installe. Seraient-ils allés trop loin?
Mon avis:
Le mois de juin n'aura pas été très prolifique en lecture... Alors pour terminer le mois en beauté et me changer les idées du rangement des cartons et du nettoyage d'appartement, j'avais repéré ce petit livre sur plusieurs blog... Je n'ai pas été déçue.
Un livre tout à fait loufoque. On y croise des personnages plus fous les uns que les autres qui aiment entretenir les soupçons qui pèsent sur eux et qui n'hésitent pas à entrer en guerre froide avec leurs voisins. Tous ces personnages se perdent dans une histoire tout à fait démente: "Le 5, rue de la Doulce-Belette ? L'annexe du service psychiatrique des Hôpitaux de Paris !" Au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire, des personnages se rajoutent, des histoires de plus en plus délirantes et même angoissantes se produisent... J'ai souri, j'ai ri, je me suis beaucoup amusé.
Le roman est écrit d'une manière tout à fait originale: il s'agit d'extrait de journaux intimes des principaux protagonistes, d'extraits d'oeuvre littéraire ou cinématographique des artistes de l'immeuble, de lettres des habitants ds 5 et 6 rue de la Doulce Belette, ... La fin du roman est tout à fait savoureuse... mais je ne vous en dévoilerai pas plus...
Un livre qui égaille les tristes journées pluvieuses de cet été!
Ma note:
7,5/10.
N°10 Luz ou le temps sauvage
L'histoire:
A vingt ans, à la naissance de son enfant, Luz commence à avoir des doutes sur ses origines, elle suit son intuition dans une recherche qui lui révèlera l'histoire de son pays, l'Argentine. En 1975, sa mère, détenue politique, a accouché en prison. La petite fille a été donnée à la famille d'un des responsables de la répression. Personne n'a su d'où venait Luz, à l'exception de Miriam, la compagne d'un des tortionnaires, qui s'est liée d'amitié avec la prisonnière et a juré de protéger l'enfant.
Luz mène son enquête depuis sa situation troublante d'enfant que personne n'a jamais recherchée.
Un thriller loin des clichés dans lequel l'amour cherche la vérité.
Mon avis:
Ce livre retrace la quête d'identité d'une jeune femme argentine. Tout commence en 1976 lors de la naissance de Luz. Le pays est en proie à un régime autoritaire qui veut faire taire tous les opposants au pouvoir. Sa mère faisait partie des "subversifs". Elle est assassinée et la petite Luz est envoyée chez la fille du commanditaire de l'opération afin de combler le manque d'un enfant mort-né. Sa véritable mère a pourtant réussi à faire une alliée de sa geolière et lui a fait promettre de tout révéler à Luz le jour où elle le pourra. Mais le temps passe, la vie en Argentine évolue, Luz grandit... A chaque fois que quelqu'un tente de fouiller dans le passé trouble de Luz, il meurt accidentellement. La peur continue à tenir tous les protagonistes de l'affaire... Finalement, Luz elle-même se doute de ses origines et tente le tout pour le tout pour découvrir qui elle est vraiment.
A travers l'histoire de cette jeune femme, c'est l'histoire de l'Argentine qui est révélée. C'est également l'histoire de six couples que l'on voit évoluer: Mariana et Edouardo les parents "adoptifs" de Luz, Liliana et Carlos les véritables parents, Miriam et Franck ceux qui vont se battre pour apprendre ces origines à Luz, Amalia et Alfonso les parents impitoyables de Mariana qui ont arraché Luz à sa vraie mère, Laura et Javier les oncles et tantes de Luz qui cherchent la vérité et Luz et Ramiro qui se battent pour trouver les origines de Luz. Le livre est divisé en trois parties: la première couvre l'année 1976 lors de la naissance de Luz, la deuxième l'année 1983 lorsque Miriam tente de contacter Luz et enfin la dernière les années 1995 à 1998 l'aboutissement de la quête de Luz. L'histoire évolue comme dans un roman policier, d'indice en indice. On passe d'un protagoniste à l'autre tout en gardant la trame initiale des retrouvailles de Luz et de son vrai père Carlos. L'écriture est très agréable, simple, proche du langage parlé mais sans lourdeur aucune. Une fois embarqué dans l'histoire de Luz on ne peut plus en sortir... Je n'avais qu'une envie en terminant ce livre c'est d'en apprendre plus sur cette période noire de l'histoire de l'Argentine...
Un livre poignant plein d'émotions et de douleur mais merveilleusement optimiste. A lire absolument.
Ma note:
10/10.
Luz
Ce livre fait partie de mes coups de coeur 2007 !
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